L'acteur-enquêteur s'est trouvé

Texte : Marion Guillot Photos : Pascal Saura

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Le comédien âgé de 51 ans, fan de son chat Errol, de sa mini-cooper et de U2, a réalisé un premier film primé dans plusieurs festivals.
Le comédien âgé de 51 ans, fan de son chat Errol, de sa mini-cooper et de U2, a réalisé un premier film primé dans plusieurs festivals. —

Avec ses faux airs de Jack Bauer, le héros de la série « 24 heures chrono », son visage vous dit forcément quelque chose. Tous les jeudis soir, ­Xavier Deluc, 51 ans, endosse sur TF1 le rôle du major Martin Bernier, gendarme à la section de recherches de Bordeaux. « Un introverti, un peu brut de pomme et pas du genre à rigoler. Pas du tout comme moi dans la vraie vie ! », se défend l'acteur.

La série, qui insiste sur l'aspect technique des enquêtes, n'est pas sans rappeler son homologue américain « Les Experts ». Dans un style plus « ter­roir » : les règlements de compte ont lieu dans des parcs à huîtres, les courses-poursuites dans les vignes et les meurtriers trouvent refuge dans des cabanes de pêcheurs. Xavier Deluc assume : « L'uniforme bleu a moins de charisme qu'un blouson en cuir. Mais on modernise la série policière traditionnelle, en restant fidèle aux standards français. »

Le cocktail plaît au public : alors que la saison 4 est diffusée en ce moment (2e épisode ce soir), le tournage de la suivante démarrera début octobre. « Toujours dans les environs, car les décors sont très appréciés », note Xavier Deluc. Lui-même s'est entiché du Bordelais, au point de quitter Paris pour le quartier de la Grosse Cloche. L'acteur avait « envie de tranquillité ».

Son coup de coeur : « la place Fernand-Lafargue », qui lui rappelle le Marais, avant qu'il ne devienne trop branché. « Fou de brocante », il aime arpenter les quais, de Saint-Michel aux Chartrons et va souvent au café du coin. L'écriture, à laquelle il se consacre de plus en plus, lui prend du temps. Après Tombé d'une étoile, son premier film en tant que réalisateur primé à Sarlat l'an passé, il rêve de finir son second scénario : « Ecrire, c'est très dur, ça me tord les boyaux », avoue-t-il en tirant sur une cigarette roulée. Ses thèmes favoris : la recherche du père ou du grand frère, mais aussi les évolutions du sentiment amoureux.

Le poil blond et l'oeil perçant, Xavier Deluc n'est pas qu'une belle gueule, à laquelle la maturité donne du relief. Derrière le sourire charmeur, on croit déceler des fêlures anciennes. Il n'en dira rien. Lui préfère évoquer ses bonheurs. Marié depuis dix-sept ans, « une affaire qui marche ! », et déjà grand-père de deux petites-filles, l'acteur est aussi ­dingue de son chat Errol, qui s'allonge sur son clavier quand il écrit. Frimer au volant de sa mini-Cooper, sur les petites routes, en écoutant U2 à fond, il « adore » : « J'ai grandi avec ce groupe et j'aime le côté lyrique de Bono. » Quant à son appartenance à l'église de scientologie, il préfère ne pas s'étendre : « Cela fait vingt ans que j'y suis entré et cela m'a apporté un équilibre spirituel. » ­Affaire classée. W