Divorce consommé entre Paris et le bassin

Orianne Dupont

— 

« La situation est ubuesque. » A l'issue de la réunion qui s'est tenue hier matin, avec des conseillers du Premier ministre et du ministre de l'Agriculture, le député girondin François Deluga (PS) est atterré. Comme les autres élus du bassin, il a préféré claquer la porte. « Le gouvernement refuse d'arrêter les tests souris hebdomadaires, malgré une demande unanime des élus de droite et de gauche, déplore-t-il. L'Agence européenne de sécurité des aliments et le ministre de l'Agriculture étaient pourtant d'accord pour dire que cet indicateur n'est pas fiable et que la période à risque sur le bassin est terminée. »

La mauvaise nouvelle s'accompagne d'une reconduction de l'interdiction de consommer les coquillages du fait de nouveaux tests sanitaires défavorables. Les huitièmes cette année. Une situation subie depuis cinq ans. François Deluga conteste ces derniers résultats. Il souligne que les tests ont été effectués par l'Agence française pour la sécurité sanitaire des aliments (Afssa) en région parisienne et non par le laboratoire habituel, l'Ifremer, qui fait actuellement valoir son droit de retrait, à la suite des manifestation des ostréiculteurs devant leurs locaux. Les prochains examens seront réalisés d'ici à dimanche à La Roche-sur-Yon, en Vendée.

« On va attendre la semaine prochaine alors qu'on ne sait même pas s'il y a un laboratoire qui peut faire les tests ? », fulmine François Deluga qui dénonce un dysfonctionnement de l'Etat. La préfecture de Gironde précise, de son côté, que l'Afssa est le laboratoire de référence et bénéfice donc de l'agrément.

Elus et ostréiculteurs ont également demandé à Matignon un couplage test souris-test chimique jusqu'au 1er janvier, date à laquelle le premier devrait être officiellement abandonné à la demande de Bruxelles. Ils ont essuyé un autre refus. Olivier Laban, le président de la section ostréicole du bassin, également présent hier, en appelle désormais au maire de Bordeaux, Alain Juppé : « Je souhaite qu'il m'accompagne chez le Premier ministre », a-t-il déclaré hier, dénonçant le manque de respect accordé à la délégation arcachonnaise. W