Rentrée difficile, comme attendu

Orianne Dupont

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Manifà l'école Anatole-France contre la fermeture d'une classe, hier à Mérignac.
Manifà l'école Anatole-France contre la fermeture d'une classe, hier à Mérignac. — P. SAURA / 20 MINUTES

« La grippe E [pour éducation] est plus lourde que la grippe A. Pourtant, on ne prend aucune mesure. » C'est par cette boutade qu'Evelyne Faugerolle, secrétaire départementale de SE-Unsa résume l'état d'esprit des enseignants, au lendemain de la reprise des cours. Quand le recteur parle d'une rentrée « normale », les enseignants évoquent, eux, plutôt la « dégradation de l'éducation ».

En cause, la suppression des postes : 21 dans le primaire, alors que les effectifs ont augmenté, et 100 remplaçants dans le secondaire. Deux nouvelles classes viennent d'être supprimées à Arcachon et Bordeaux et, hier soir, le doute planait encore sur six autres écoles girondines. « L'éducation n'est pas une priorité », regrette Philippe Despujols, secrétaire général de SE-Unsa. En même temps, avec le non-remplacement de 13 500 départs à la retraite pour la rentrée 2009 sur toute la France, le syndicat n'est guère étonné. En Gironde, les conséquences sont immédiates : suppression de certaines options au lycée, recul de la scolarisation des enfants de 2 ans (7,5 %, contre 18,3 % au niveau national), développement des classes à niveaux multiples ou difficulté à monter des projets pédagogiques à cause des équipes peu stables. Le syndicat envisage déjà une mobilisation. Pas si tranquille, la rentrée... W