Un peu fauchés, des vacanciers à l'ombre des pins et des musées

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Claude et Michel se rendent au Camping Club d'Arcachon depuis quarante ans.
Claude et Michel se rendent au Camping Club d'Arcachon depuis quarante ans. — C. BLUMBERG / 20 MINUTES

« Ce n'est pas l'année du siècle, mais on ne s'en tire pas trop mal », commente Brigitte Bloch, la directrice du comité régional du tourisme d'Aquitaine. Les observateurs sont unanimes, la crise n'a pas durement frappé la région, même si les étrangers - notamment Américains et Britanniques - ont délaissé côtes basques et girondines.

Cependant, s'ils n'ont pas hésité à venir, les touristes ont tout de même minimisé les dépenses et réduit la durée de leur séjour. C'est ce qu'ont noté la moitié des agences immobilières et 46 % des hôtels aquitains. Un aspect moins flagrant dans les campings de la région, qui sont 85 % à estimer que la saison a été bonne. La plupart ont même noté une hausse de la fréquentation par rapport à 2008. Un constat qui n'est pourtant pas nouveau : « Depuis trois ou quatre ans, pas mal de gens qui allaient à l'hôtel viennent maintenant au camping », a constaté Jérôme Thévenon, directeur du site d'Arcachon. Ce dernier pense d'ailleurs qu'il ne s'agit pas forcément d'un choix financier, mais délibéré.

Si c'est une question de prix pour Nicolas et Robin, deux jeunes de 20 ans qui découvrent les joies du camping à Arcachon, pour Claude et Michel, un couple d'Angers qui a ses habitudes dans ce camping depuis quarante ans, c'est un choix de coeur. « On aime le contact avec les gens, l'odeur des pins... et en appartement, je me fais suer », lâche Michel. Malgré tout, même les amoureux du camping ont restreint les dépenses cette année, notamment dans les restaurants ou les locations de vélo. Ce qui ne ternit en rien la satisfaction des professionnels, d'autant que la confiance reste de mise pour l'arrière-saison. Depuis deux ans, l'automne est une bonne période.

Et quand les touristes n'étaient pas à la plage, ils flânaient dans Bordeaux. La ville fait partie des rares à être largement satisfaite de la fréquentation, avec 82 % d'opinions positives, contre 27 % à Pau. Les monuments classés à l'Unesco, les musées et les circuits dans la ville ont vu défiler plus de visiteurs que l'an dernier. Petit bémol tout de même pour certains commerçants, puisque les touristes sont venus avec des budgets plus réduits. « Si nous avons eu du monde pour le déjeuner, nous avons servi moins de boissons l'après-midi », reconnaît une restauratrice bordelaise. Pour une autre, ce sont les petits-déjeuners en terrasse qui ont été sacrifiés. W

Orianne dupont