L'avenir du port de Bordeaux dans le brouillard

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Le torpillage du projet de terminal méthanier au Verdon ne fait pas que des heureux. Le dossier, qui suscitait une forte opposition de la part des habitants et des écologistes, a été abandonné par l'Etat en juillet dernier, au motif qu'il n'était pas « grenello-compatible ». Porté par l'industriel néerlandais 4Gas, il assurait néanmoins un avenir économique au port de Bordeaux.

« Ce terminal assure 25 % de tonnage en plus et des centaines d'emplois. On ne peut pas se payer le luxe de ne pas étudier jusqu'au bout un tel projet industriel », a souligné hier le président PS de la CUB, Vincent Feltesse, en marge d'une rencontre avec les représentants du grand port maritime de Bordeaux et des organisations syndicales.

Tous sont convaincus de la nécessité du projet : « Le port végète depuis trop longtemps et refuser cette implantation serait très dangereux économiquement », estime Jean-Yves Sanguinet, secrétaire général de la CGT. Il accuse l'Etat d'avoir « stoppé le projet à des fins électoralistes ». « Les autorités compétentes n'avaient même pas instruit le dossier », dénonce un représentant des cadres du port. Or, si l'industriel demande réparation, cette interruption de procédure pourrait avoir de lourdes conséquences financières. Pour l'heure, la société 4Gas a indiqué qu'elle maintenait son projet. Elle devrait renouveler sa demande d'implantation auprès des services de l'Etat. W

Marion Guillot