Le terroir ne fait pas rêver les jeunes

Orianne Dupont

— 

Jacques Burliga a transmis sa propriété de 50 hectares à son fils Arnaud.
Jacques Burliga a transmis sa propriété de 50 hectares à son fils Arnaud. — P. SAURA / 20 MINUTES

« Avec mon fils, on parle de cette transmission depuis dix ans... » Jacques Burliga, propriétaire d'un vignoble de 50 hectares à Beychac-et-Caillau depuis 1984, fait partie de ceux qui pourront prendre leur retraite sereinement. Ce qui n'est pas la norme, puisque pour un agriculteur qui s'installe, deux à trois quittent le métier. Le constat est alarmant : « Dans les cinq ans, 3 000 personnes vont partir sans avoir de successeur et depuis 2003, les inscrits dans les formations ont chuté de moitié. » Un manque que la chambre d'agriculture cherche à combler au plus vite en facilitant l'installation de jeunes via un guichet unique.

« Nous proposons des stages, un diagnostic de l'exploitation, une évaluation de la viabilité économique et technique du projet, le montage du dossier pour les aides et un suivi », explique-t-on à la chambre. Des mesures dont a bénéficié Arnaud Burliga avant de s'installer avec son père, il y a deux ans : « Avec le diagnostic, j'ai vraiment vu ce qu'était l'entreprise et j'ai fait un stage dans l'Oregon (Etats-Unis) car je voulais découvrir une autre façon de faire du vin. » Une nouveauté qu'il a aussitôt appliquée au Château la Lande de Taleyran.

Chaque année, sur 100 à 150 repreneurs éventuels (surtout en viticulture), 60 sont soutenus dans leur installation. « Généralement, le tiers restant ne dispose pas du capital suffisant », souligne la chambre. C'est le cas de Christophe, un jeune agriculteur plein de projets qui ne parvient pas à s'installer. « J'ai monté plusieurs dossiers, mais les banques n'ont jamais suivi », explique-t-il. Pour une exploitation moyenne, les repreneurs doivent disposer de 100 000 euros. Ceux qui parviennent tout de même à mener à bien leur projet connaissent peu d'échec. « Un plan de développement sur cinq ans est fait, on prend même en compte le prix de vente le plus bas possible... », indique Christophe Porcher, président du syndicat Jeunes agriculteurs. On compte moins de 10 % d'échecs dans les dix ans qui suivent l'installation. W