Des clients sollicités sept jours sur sept

Orianne Dupont

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La CFDT-Commerce craint que les magasins se sentent contraints d'ouvrir le dimanche.
La CFDT-Commerce craint que les magasins se sentent contraints d'ouvrir le dimanche. — P. SAURA / 20 MINUTES

Le dimanche est un jour comme les autres. C'est, semble-t-il, ce que souhaiterait la majorité gouvernementale qui va défendre aujourd'hui un texte de loi permettant l'ouverture dominicale des magasins dans les « zones touristiques et thermales ». « On veut mettre fin à une situation absurde, souligne Chantal Bourragué, députée UMP à Bordeaux, il n'est pas normal qu'à Arcachon, un magasin d'articles de sport puisse ouvrir, alors que la boutique de chaussures voisine n'en a pas le droit. »

Une « dérogation », tient à rappeler la députée, qui ne concernerait, à Bordeaux, que le quai des Marques. Secteur sous ce régime depuis 2004. Une nouvelle qui réjouit plutôt les gestionnaires des hangars : « Sans cette dérogation, nous ne pourrions pas survivre car c'est un lieu de promenade et les gens s'y rendent surtout le dimanche. » « Pas de grands bouleversements », donc, selon la députée UMP. « Le secteur sera décidé par le maire, rétorque Michèle Delaunay, députée PS de Gironde, il y a donc un risque évident que le centre historique soit également concerné. » Une option qui ne semble pas intéresser tous les commerçants, puisque même en période de soldes, certains gardent le rideau baissé. « Hormis sur le littoral, nos adhérents sont contre, confirme Denis Lauxire, secrétaire départemental de la CFDT-commerce. Mais s'il y en a un qui ouvre, tous vont se sentir obligés de faire pareil. » Un cas qu'il a vérifié pour les jours fériés : « Au début, seul Auchan était ouvert et maintenant, toutes les grandes surfaces le font. » Par ailleurs, selon la CFDT, un nouveau jour d'ouverture n'est pas synonyme d'achats supplémentaires. Et quant aux valeurs familiales, Chantal Bourragué se défend de vouloir y porter atteinte : « Ça répond à une demande de salariés et de commerçants, je n'ai jamais vu des gens qui n'étaient pas contents de travailler le dimanche. » « C'est un faux volontariat, seules les grosses enseignes peuvent organiser une rotation de leurs effectifs », nuance un autre commerçant. W