L'Etat se fie aux souris plutôt qu'aux rats

OSTREICULTURE Les autorités sanitaires préfèrent le test de la souris à celui du rat...

Marion Guillot

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Manifestation d'ostréiculteurs devant la sous-préfecture d'Arcachon, hier.
Manifestation d'ostréiculteurs devant la sous-préfecture d'Arcachon, hier. — C. BLUMBERG / 20 MINUTES

Ils n'y croyaient pas et ils ont eu raison. Les ostréiculteurs du bassin d'Arcachon, qui espéraient l'adoption du test de toxicité dit «du rat» pratiqué en Hollande pour analyser leurs huîtres, ont appris jeudi que l'Etat s'y opposait. Réunies mercredi, les autorités compétentes - ministères de l'Agriculture et de la Santé, Agence française pour la sécurité sanitaire des aliments (Afssa) - ont donné instruction au préfet de région de conserver le test de la souris.

«On m'a clairement demandé de ne pas utiliser le test du rat, car selon l'Afssa, il ne couvre que trois toxines sur cinq», a rapporté Dominique Schmitt hier. Un revers pour le préfet, qui s'était engagé la semaine dernière auprès des ostréiculteurs à faire adopter ce protocole en France. L'Etat a aussi annoncé la mise en place de contrôles sanitaires sur les importations de coquillages. Ceux qui n'auraient pas subi le test de la souris seraient interdits. Les fines de claires de Marennes-Oléron «seront elles aussi contrôlées par l'Etat», a précisé le préfet. Une façon de répondre aux accusations de «concurrence déloyale», lancées par Michel Sammarcelli, maire de Lège-Cap-Ferret et président du syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon (Siba). En effet, seuls les coquillages du bassin et de l'étang de Thau sont soumis aux tests hebdomadaires de la souris.

L'interdiction prononcée le 25 juin a néanmoins été levée hier, les tests s'étant avérés négatifs. Mais les ostréiculteurs vont encore devoir attendre le SMS hebdomadaire qui, chaque jeudi, leur annonce s'ils peuvent vendre ou non leurs huîtres. «L'abandon du test rat est une très mauvaise nouvelle», a réagi Olivier Laban, président de la section régionale conchylicole. «On joue avec 350 entreprises et 1 000 emplois. Je décline toute responsabilité quant aux actions qui pourraient se produire», a-t-il prévenu. Réunis hier devant la sous-préfecture d'Arcachon, les professionnels - et les vacanciers de passage - ont crié au scandale. «Nous en sommes là car l'Etat ne voudra jamais reconnaître que son test souris est une aberration», accuse Marie-Pierre Fauchier, ostréicultrice à l'Herbe. «Personne n'a jamais été malade, ajoute Christophe Lafond, installé à La Teste, et les souris n'ont jamais été autopsiées. On ne sait pas ce qui les fait mourir.»