marée d'ostréiculteurs amers

Stéphanie Lacaze

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Usés par un début d'été qui s'annonce aussi difficile que les précédents pour cause d'interdiction de commerciali­sation de leurs huîtres, les ostréiculteurs ont voulu frapper un grand coup. Mardi, ils ont débarqué en force sur le banc d'Arguin et ont envahi la conche sud. « C'est un geste de protestation, explique Olivier Laban, le président de la section régionale conchylicole. On aurait aussi bien pu faire brûler des pneus devant l'Ifremer. Mais on ne supportera pas une nouvelle saison avec un risque de fermeture administrative toutes les semaines à cause du test de la souris. »

Les huîtres produites dans la zone du banc d'Arguin sont moins touchées par les interdictions que celles du bassin d'Arcachon. Les ostréiculteurs cherchent donc à installer une grosse partie de leur production dans cette zone. Ce que l'Etat a bien voulu leur concéder. Les autorités maritimes leur ont accordé 45 hectares en tout pour implanter leurs parcs à huîtres, dont 19 hectares sur cette conche sud. « Nous étions en train de réaliser un lotissement et de matérialiser des carrés pour l'installation des parcs », précise Laurent Courjon, le chef du service des cultures marines à la direction régionale des affaires maritimes.

Mais les ostréiculteurs ont estimé que la procédure n'avançait pas assez vite et ils ont devancé les autorités en débarquant avec leurs huîtres pour s'installer. Prise de court, la direction des affaires maritimes a choisi de laisser les professionnels s'établir. « On va attendre qu'ils aient fini de s'installer et on fera les relevés topographiques ensuite. Pour l'instant, ils n'ont rien fait d'illégal », relativise Laurent Courjon. W