Bassin d'Arcachon : « Je n'ai jamais connu pire année », déplore un loueur de vélos

TOURISME A cause de l’incendie géant qui s’est propagé en juillet, les restaurants du sud du Bassin d’Arcachon ont par exemple enregistré une baisse de 40 % de leur fréquentation cet été

Elsa Provenzano
Une plage du Bassin d'Arcachon. Illustration.
Une plage du Bassin d'Arcachon. Illustration. — MEHDI FEDOUACH / AFP
  • Dans les secteurs proches de l’incendie de la Teste, la saison touristique a forcément été très compliquée.
  • Les restaurateurs et les entreprises de loisirs comme les loueurs de vélos ont souffert d’une baisse subite de fréquentation.
  • A l’échelle de la Gironde, le bilan est plus mitigé, notamment porté par une bonne fréquentation domestique.

Si une saison ratée peut sembler peu de chose par rapport aux 7.000 hectares de forêt partis en fumée sur le secteur sud du Bassin d’Arcachon cet été, c’est un dommage collatéral qui affecte de nombreux commerces. « Les campings de la dune (du Pilat) représentaient 22 % de l’offre d’hôtellerie de plein air, pointe Karine Desmoulin, directrice de Gironde Tourisme. Ce sont 6.000 lits, donc autant de vacanciers qui n’ont pas été présents. » Il faut aussi rappeler que les autorités ont pris des mesures de restrictions d’accès au massif forestier pour la sécurité de la population, qui ont eu des conséquences sur les activités de plein air, comme les randonnées à vélo.

« Les gens ont cru que le Bassin cramait ! »

« Je n’ai jamais connu pire année, c’est une des plus mauvaises saisons depuis plus de vingt ans que je travaille », témoigne Wilfrid Cholé gérant de plusieurs enseignes dont Arcabike et vélos d’Albret, qui proposent de la location saisonnière. Si les touristes étaient bien de retour la semaine du 6 au 13 août, la fréquentation a vite dégringolé ensuite. Pour ce gérant, l’image du Bassin a été un peu écornée et le message sur l’incendie en cours n’est pas toujours bien passé. « Les gens ont cru que le Bassin cramait, s’énerve-t-il. Mais l’incendie avait lieu en pleine forêt ! Et le sable sera toujours là, la mer sera toujours là. »

« La dune n’a pas fondu, renchérit Karine Desmoulin. Je le dis parce que cela fait partie des pépites, on nous a vraiment demandés si elle était toujours là ! ». La directrice de Gironde Tourisme fait partie du syndicat mixte de la dune du Pilat et elle ne se montre pas du tout inquiète pour l’attractivité future du site, même si la vue y est moins « verte ». Elle a rouvert assez tôt au public cet été et les visiteurs étaient au rendez-vous.

Un espoir pour l’arrière-saison

Du côté des restaurateurs, la fréquentation s’est écroulée de 40 % pendant environ dix jours, en lien avec la fermeture de la route entre Biscarrosse et Arcachon et la fermeture des plages. Et ensuite, pendant un mois, elle est restée inférieure de 20 % à la moyenne saisonnière. Neuf restaurants ont été détruits et 19 autres ont été fermés pendant une durée très importante. « On a limité la casse en août mais la fréquentation globale est en baisse, estime Franck Chaumes de l’UMIH 33, (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie). La saison n’est pas terminée, on espère que la météo sera avec nous pour l’arrière-saison. »

Plus globalement, sur le département de la Gironde, « à la fin août, on a de bons retours, même si, temporairement, il y a eu une baisse de fréquentation, pointe Karine Desmoulin. Le tourisme domestique a été bien présent, montrant qu’on peut se dépayser en restant sur son département. » Elle ne s’inquiète pas d’une éventuelle désaffection pour ce territoire après les incendies, qui n’en ont concerné qu’une partie rappelle-t-elle, rappelant que la Gironde reste l’un des départements préférés des Français.