Bordeaux : Pourquoi le pont de pierre se prépare-t-il à des travaux de grande envergure ?

PATRIMOINE Bordeaux métropole mène durant tout le mois d’août une phase de sondage sur le pont de pierre en vue d’importants travaux de confortement qui doivent être menés entre 2024 et 2026

Mickaël Bosredon
Le pont de pierre à Bordeaux.
Le pont de pierre à Bordeaux. — Franck Lodi/Sipa
  • La circulation sur le pont de pierre est légèrement revue en ce mois d’août pour permettre de mener une phase de sondage sur l'édifice.
  • Il s’agit de comparer deux méthodes de micropieux, avant de conséquents travaux qui seront menés entre 2024 et 2026.
  • Le pont de pierre, qui s’enfonce peu à peu dans la vase, doit en effet être conforté au niveau de ses fondations.

Ses habitués l'ont remarqué depuis le début du mois d’août, la circulation sur le pont de pierre à Bordeaux a été remaniée. Si le tramway continue d’y rouler normalement, ce n’est plus le cas des bus et des taxis qui sont déviés par le pont Saint-Jean, tandis que les piétons et les cyclistes ont été basculés d'un seul côté du pont, avant d’être rebasculés de l'autre à partir du 16 août. La circulation reviendra à la normale dès la rentrée.

Ces modifications ont été rendues nécessaires pour mener une nouvelle phase de sondage qui va durer jusqu’au 31 août, en vue d’importants travaux de confortement de l’édifice qui fête cette année son bicentenaire. 20 Minutes vous explique ce qu’il va se passer.

Pourquoi cette phase de sondage ?

Il s’agit de déterminer la technique et les méthodes d’intervention pour le chantier de confortement qui aura lieu en 2024, et qui doit durer deux ans. La métropole réalise des essais « grandeur nature » de mise en place de micropieux avec une méthode innovante dite « sonique » qui possède l’avantage de ne pas remanier le sol des fondations du pont constitué de vase. « Nous réalisons une analyse comparative entre cette méthode, dite sonique, et la technique classique pour mesurer les vibrations induites dans l’ouvrage selon les deux procédés, explique Mohamed Mariko, responsable du service ouvrages d’art à Bordeaux métropole. Concrètement, nous installons deux micropieux selon chacune des techniques, et nous retiendrons celle qui est la plus adaptée pour la réalisation des travaux. »

Pourquoi faut-il conforter le pont de pierre ?

Parce qu’il s’enfonce dans la vase. « Le pont de pierre est un ouvrage qui repose sur 250 pieux en bois, détaille Mohamed Mariko. Lors de leur réalisation en 1821, ces fondations n’ont pas atteint le « bon » sol [celui en roche dure], par conséquent le pont, sous son propre poids, se tasse, de l’ordre d’un à deux millimètres par an. C’est pour cela qu’une première phase de confortement a été menée dans les années 1990, pour les piles une à six du pont. Il est temps désormais de conforter les piles sept à seize, qui se tassent davantage, de l’ordre de deux trois millimètres par an. »

Pourquoi vouloir appliquer une nouvelle méthode ?

Comme le responsable du service ouvrages d’art l’a expliqué, le pont a déjà fait l’objet d’une campagne de confortement à l’aide de micropieux. « Les micropieux, ce sont des tiges métalliques à l’intérieur desquelles on coule du béton, qui va atteindre le bon sol, rappelle Mohamed Mariko. Cette technique de confortement fonctionne, et nous allons la reconduire, à l’aide de douze à seize micropieux par pile. En revanche, nous souhaiterions changer la méthode d’exécution pour éviter d’aller vibrer dans le sous-sol constitué de vase où reposent les fondations, d’où cette phase de sondage. »

Le pont sera-t-il fermé durant les travaux ?

La période de travaux de confortement devrait durer entre 2024 et 2026, et le pont ne sera pas fermé à la circulation, promet l'ingénieur de la métropole, « même s’il est possible que, ponctuellement, il y ait des coupures de circulation du tramway. » Elément central de liaison entre les deux rives de la Garonne à Bordeaux, le pont est emprunté chaque jour par 20.000 piétons et cyclistes, et environ 40.000 passagers des transports en commun. Il n'est plus ouvert aux véhicules motorisés, hormis les véhicules de secours et les taxis, depuis juillet 2018.