Gironde : « Les chiens ont des performances qui se rapprochent de la PCR », montre une étude sur la détection du Covid-19

SCIENCES Les résultats préliminaires de la première brigade nationale de chiens détecteurs de Covid-19 viennent d’être présentés ce mercredi soir

Elsa Provenzano
Un chien entraîné à flairer l'odeur du virus du Covid-19.
Un chien entraîné à flairer l'odeur du virus du Covid-19. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Le projet Cynocov s’intéresse aux pouvoirs de détection du Covid-19 par le chien.
  • Les premières tendances présentées ce mercredi soir sont positives et montrent des capacités proches de la PCR.
  • Les porteurs du projet estiment que les brigades canines de ce type seraient utiles pour des détections de premier niveau, pour faire un tri dans un groupe d’élèves, par exemple.

Et si le flair des chiens pouvait être un outil de détection du Covid 19 ? En janvier 2021, l’étude Cynocov coordonnée par le CHU de Bordeaux, associé avec Ceva santé animale, premier laboratoire vétérinaire français, avait été lancée pour explorer cette piste. Il y a environ un an, des chiens du SDIS ou de la gendarmerie s'entraînaient à Libourne , sur le site de Céva. Ce mercredi soir, les résultats préliminaires de l’étude pilote Cynocov ont été présentés, après s’être concentrée sur quatre binômes de la société civile car leurs congénères spécialisés n’étaient plus disponibles. Les premières tendances confirment de grandes compétences canines en la matière.

300 participants à l’étude

Entre fin février et la mi-juin, quatre chiens supervisés par des éducateurs canins ont été formés à marquer lorsqu’ils étaient en présence du virus de Covid-19. Sur chacun des 300 participants humains à l’étude (100 positifs et 200 négatifs au PCR), on a prélevé de la sueur rapidement, durant quelques secondes, sur la nuque et sous les aisselles. Et, des prélèvements plus longs, de trois minutes, ont aussi été réalisés sous les aisselles. « Les échantillons ont été tirés au sort pour faire des lignes de détections olfactives », détaille le docteur Thierry Pistone, qui travaille au sein de l’unité des maladies infectieuses et tropicales du CHU de Bordeaux.

Selon les premières tendances, la fiabilité de détection du virus est de 80 % pour les prélèvements réalisés rapidement et elle progresse au-dessus de 90 % pour les plus longs. « On est plutôt rassurés de voir que les chiens ont des performances qui se rapprochent de la PCR, même si ce n’est pas du 100 % », souligne Thierry Pistone. Il fait remarquer qu’avec 80 %, les tests rapides battent à plates coutures les tests antigéniques sur les personnes asymptomatiques, qui ont une fiabilité de détection de seulement 50 à 60 %.

Utiles pour la recherche de « clusters de premier niveau »

En ce moment, les chiens formés terminent leurs évaluations et les données de l’étude seront consolidées d’ici la fin du mois de juillet. « Le haut conseil de santé publique va se réunir cet été pour parler d’une éventuelle stratégie nationale autour du dépistage de la Covid par des brigades canines, explique Thierry Pistone. On lui donne des données, notamment sur les prélèvements rapides, pour qu’il prenne sa décision. »

La brigade canine formée à dépister la canine serait utile sur « une recherche de clusters de premier niveau », selon ce médecin, par exemple dans une maison de retraite ou une école maternelle. Les chiens flairent les prélèvements réalisés préalablement et non les personnes elles-mêmes. Ce dépistage n’aurait pas vocation à se substituer à la PCR mais pourrait faire un premier tri et inciter ceux qui sont « marqués » par les chiens à réaliser un test en complément. Il faudrait alors que le ministère de la santé envisage de débloquer des fonds pour que de nouveaux experts canins soient formés.