Comment les pompiers se préparent aux feux de forêt avant l’été ?

INCENDIE Dans le département de la Gironde, on compte 480.000 hectares de forêts

Elsa Provenzano
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Pour cette saison 2022, six camions-citernes supplémentaires ont été achetés.
Pour cette saison 2022, six camions-citernes supplémentaires ont été achetés. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Dans le département très forestier de la Gironde, les pompiers se préparent à répondre au risque des feux de forêts.
  • Les moyens humains et matériels sont renforcés, sur les centres d’incendie et de secours du littoral.
  • Les pompiers rappellent que presque tous les feux sont d’origine humaine et appellent à la vigilance.

La saison des feux de forêts a déjà commencé et les sapeurs pompiers de la Gironde sont déjà sur le pied de guerre, dans ce département très forestier, doté de 480.000 hectares de bois au total. L’an dernier, ils ont combattu 275 feux de forêts qui ont détruit 423 hectares. Les pompiers rappellent que les incendies sont quasi toujours d’origine humaine (hormis en cas foudre) et qu’il ne faut pas jeter son mégot dans la nature ni réaliser de barbecues « sauvages ».

Renfort en effectifs et achat de nouveaux camions-citernes

Des visites sont organisées régulièrement dans les 150 des 183 campings du département jugés à risque pour vérifier la conformité des installations. Pour cette saison, 82 saisonniers sont pris en renfort et on fait appel à 35 sapeurs-pompiers volontaires également pour renforcer les effectifs des 11 centre d’incendie et de secours situés sur le littoral. Douze nouveaux camions-citernes tous terrains d’une capacité de 6.000 litres ont aussi été achetés pour cette saison 2022. Le service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Gironde dispose de 151 véhicules dont 66 d’une capacité de 3.000 litres et 86 de 6.000 litres.

« Aller chercher le feu »

Dans le département, des pistes forestières, et des points d’alimentation en eau sont aménagés dans tout le massif pour faciliter l’intervention des pompiers. « On a la particularité en Gironde, et c’est à cause de la topographie locale, de pénétrer dans le massif pour aller en quelque sorte chercher le feu, explique le lieutenant-colonel Philippe Harguindeguy, chef du pôle coordination opérationnelle. Il nous faut donc un fort soutien en eau, avec des capacités de 10 à 12 tonnes d’eau au plus près du sinistre pour éviter les rotations ». Dans le sud de la France, la stratégie est davantage d’attendre le feu sur les pistes.

Les équipements sont déployés en fonction des conditions et de l’importance du feu. Pour permettre aux véhicules d’attaque du feu de rester actifs le plus longtemps possible, des véhicules de ravitaillement en eau, en carburant, en pneumatiques peuvent être mobilisés. Un véhicule « atelier mécanique » permet aussi de réaliser des réparations sur place, au plus vite. Un bulldozer peut aussi être amené sur les lieux en cas de besoin pour isoler le feu au moyen de tranchées.

Drones et hélicoptères

En plus de son hélicoptère Dragon 33, qui permet d’avoir une vision globale de l’incendie et de coordonner mes moyens, le SDIS loue un hélicoptère léger d’investigation, de reconnaissance et de commandement pendant les périodes de printemps et d’été. Des canadairs (transport d’eau) ou dash (apport de retardant) peuvent être prépositionnés à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, en fonction du risque. Des drones munis de caméras thermiques peuvent aussi être utilisés sur certains sites, pour rechercher des points chauds enterrés. Ils ne sont utilisés que sur des feux qui ont déjà démarré car ils ont une faible autonomie (20 minutes) et un faible rayon d’action (1 km).

Les années 2015 et 2020 ont été celles où les superficies brûlées ont été les plus importantes en Gironde, avec respectivement 1.229 et 1.199 hectares de bois partis en fumée.

Un centre de formation inauguré

Ce mercredi à Salles, un centre de formation spécialisé dans la lutte contre les feux de forêt a été inauguré, notamment par le président du département et la directrice de cabinet de la préfète. Il est en activité depuis juillet 2021 après des travaux d’extensions et de restructuration et propose 65 formations. En 2021, 629 agents y ont été formés. Il vient compléter l’offre de formation sur le département puisqu’un autre centre existe à Bassens, près de Bordeaux.