Bordeaux : Des habitants perturbent l’inauguration du pont de la Palombe et réclament « moins de béton »

AMENAGEMENT Le pont de la Palombe près de la gare Saint-Jean a été inauguré ce vendredi matin à Bordeaux, événement dont ont profité des habitants pour venir réclamer moins de béton et plus de verdure dans le secteur Euratlantique

Mickaël Bosredon
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Le pont de la Palombe à Bordeaux
Le pont de la Palombe à Bordeaux — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Le pont de la Palombe enjambe les voies ferrées et relie désormais les quartiers Amédée-Saint-Germain et Armagnac.
  • Avec 20 mètres de large, il fera la part belle aux piétons, vélos et bus, au détriment de l’auto qui ne circulera que sur une voie.
  • Des habitants du secteur Sacré-Cœur se sont invités à l’événement pour réclamer le maintien d’un espace vert de deux hectares, qui doit être réduit au profit de logements.

Il devait être essentiellement question de pont qui relie deux quartiers. On aura finalement beaucoup parlé, aussi, de béton, d’espaces verts et de qualité de vie dans ces territoires autour de la gare.


L’inauguration du pont de la Palombe à Bordeaux, ouvrage d’art de 200 m de long entre les quartiers Amédée-Saint-Germain et Armagnac, a été perturbé ce vendredi par des riverains du secteur Sacré-Cœur, situé entre la gare Saint-Jean et la rue de Bègles, venus réclamer « moins de béton et plus de verdure ».

« Une demande très forte d’espaces verts »

« Nous voulons sauver un espace vert de deux hectares, que l’on veut réduire pour construire de nouveaux immeubles à R+7 et R+11 » dénonce Fanny Lainé, une habitante du quartier. Quelque 400 logements et le siège de la SNCF doivent y être construits. « A Bordeaux sud, nous avons moins de 4 m2 d’espaces verts par habitant contre 18 m2 à l’échelle de Bordeaux, souligne encore cette habitante, ces constructions d’une densité et d’une violence extrêmes, ce n’est plus possible. »

Manifestation de riverains du quartier Sacré-Coeur à Bordeaux, contre la bétonisation du secteur Euratlantique
Manifestation de riverains du quartier Sacré-Coeur à Bordeaux, contre la bétonisation du secteur Euratlantique - Mickaël Bosredon/20 Minutes

Le maire Pierre Hurmic a souligné avoir obtenu de l’Etablissement public d’aménagement (EPA) Euratlantique de conserver un hectare d’espace vert dans ce quartier. « Les riverains disent que ce n’est pas assez, ça n’est jamais assez. Il y a une demande très forte d’espaces verts de proximité. Je pense qu’il y a encore des marges de progression, que tout n’est pas figé. » La directrice de l’EPA, Valérie Lasek, a rappelé de son côté que le jardin de l’Ars, d’une dimension de 4 ha mais qui fera 8 ha quand il sera achevé, a quant à lui été inauguré à quelques encablures, le 25 juin dernier.

Un pont nouvelle génération

En attendant, ce nouveau pont franchit enfin les voies ferrées, dix ans après le lancement du projet, et permet donc de relier les deux quartiers, séparés par ce véritable fleuve ferroviaire. « Ce qui est aussi important, souligne l’architecte Marc Mimran, est que ce pont soit un espace public majeur. La partie pour les bus, les piétons et les vélos est la plus importante, le pont ne laissant qu’une voie pour les autos, ce qui est très rare. »

Vue aérienne du pont de la Palombe à Bordeaux
Vue aérienne du pont de la Palombe à Bordeaux - Bordeaux métropole

Analyse partagée par Pierre Hurmic : « C’est un pont nouvelle génération, qui fait la part belle aux mobilités douces, ce qui correspond à notre vision de l’aménagement urbain. A ce titre, un autre pont va être aussi emblématique d’une nouvelle génération, c’est le pont Simone-Veil, il me tarde qu’il ouvre. Il sera large, agréable à vivre, convivial. »

La voie double réservée aux bus accueillera les Lianes 11 (Martignas/Villenave-d’Ornon) et la ligne entre la presqu’île d’Ambès et le campus, tandis que la double voie réservée aux vélos sera aux normes REVE (Réseau vélo express). Le pont ouvrira dans un premier temps aux piétons et aux cyclistes, ce vendredi à 16 heures, avant d’ouvrir aux véhicules à partir de vendredi.

D'un coût de 55 millions d'euros, il a été financé à 50 % par l'EPA Eurtlantique, et 50 % par Bordeaux Métropole.