Gironde : Comment les services de santé se préparent avant l'été, qui s'annonce tendu?

HOPITAL Etant une zone attractive pour le tourisme, le département ne connaît pas de baisse de patients pendant la période estivale

Elsa Provenzano
— 
Illustration d'un service pédiatrique à l'hôpital Pellegrin à Bordeaux le 7 mars 2022.
Illustration d'un service pédiatrique à l'hôpital Pellegrin à Bordeaux le 7 mars 2022. — UGO AMEZ/SIPA
  • Les services hospitaliers de la Gironde vont être mis à rude épreuve pendant la période estivale.
  • L’ARS organise l’offre de soins avec des effectifs réduits.
  • La médecine générale va être sollicitée en renfort, notamment via des maisons médicales de garde.

Alors qu’une grève illimitée a commencé ce mardi au CHU de Bordeaux, l’agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine​ a fait le point sur la mobilisation des différents acteurs en Gironde, avant l’été. Ce département touristique n’a pas de baisse de sa patientèle en été alors que les personnels sont moins nombreux, en cette période de congés.

L’ARS a par exemple enregistré 135.000 passages dans les services d’urgence à l’été 2020 et plus de 154.000 l’été 2021 soit une hausse de 14 %, sans baisse de fréquentation en zone urbaine. Le but de l’ARS « assurer la continuité des soins dans une période traditionnellement difficile », souligne Bénédicte Motte, directrice départementale de la Gironde, pour l’ARS-Nouvelle-Aquitaine,

  • Des urgences régulées

Depuis plusieurs semaines, l’accès aux urgences du CHU Pellegrin est régulé par le 15 après 17 heures. L’objectif : recentrer l’activité des urgences sur les cas les plus graves tout en réorientant les patients qui relèvent de la médecine générale. Pour soulager ses équipes, le CHU a déjà annoncé qu’il allait fermer 600 lits cet été.

Aux urgences de Libourne (125 passages pas jour) et à Sainte-Foy-la-Grande (25 passages par jour) « la situation est dégradée par manque d’effectifs médicaux et paramédicaux, surtout la nuit », pointe Caroline Delarivière, coordinatrice médicale du réseau territorial des urgences (RTU 33). Sur ces secteurs aussi, la stratégie est de ne pas accueillir les patients qui ne présentent pas des critères d’urgence. « On ne les laisse pas dans la nature, ils sont réorientés », souligne-t-elle. Des consultations de médecins générale sont proposées à ces patients réorientés sur Pellegrin, de 14 heures à minuit, depuis le début du mois de juin.

  • La médecine générale mobilisée

Si le département de la Gironde est le 11e de France le mieux doté en médecins généralistes, il existe des contrastes sur le territoire, notamment dans le Médoc et le Sud-Gironde. Pour garantir l’accès aux soins non programmés, le département peut compter sur les trois maisons médicales de garde (Libourne, Blaye et Langon), sur les six communautés professionnelles territoriales de santé actives cet été (Sud Médoc, Sud Bassin d’Arcachon et Val de l’Eyre, Ouest Gironde, Entre Deux Mers, Nord Ouest Métropole, Dropt sur Garonne) et sur les Maisons de santé pluri professionnelles accessibles de 8 heures à 20 heures du lundi au vendredi et le samedi matin, de 8 heures à 12 heures.

  • Des aménagements aussi en maternités

L’activité des onze maternités de Gironde s’annonce aussi chargée cet été, dans le contexte d’un manque de personnel (gynécologues et sages-femmes notamment). Les 400 sages-femmes libérales installées dans le département seront sollicitées en renfort. La maternité de Lesparre devra fermer en août, par manque de gynécologues obstétriciens. Les femmes enceintes seront invitées à se reporter vers l’hôpital privé Wallerstein et la polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine. L’établissement a déjà été fermé plusieurs jours en mai, cette année.