Métropole de Bordeaux : Rob’Inn, le robot qui va démanteler vos meubles laissés en déchetterie

RECYCLAGE Un nouveau bras robotique permet de valoriser les déchets d’éléments d’ameublement (DEA) du bassin aquitain, dans le centre de tri de Bègles

Manon Gazin
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Rob'Inn doit permettre de mieux valoriser les déchets d'ameublement, dans le centre de tri de Bègles.
Rob'Inn doit permettre de mieux valoriser les déchets d'ameublement, dans le centre de tri de Bègles. — Manon Gazin
  • Le centre de tri de Bègles est équipé d’un nouveau bras robotique pour trier les déchets d’ameublement.
  • Il va permettre de valoriser davantage de ces déchets.
  • Ce type de robot a vocation à se développer pour accélérer les volumes recyclés.

Il aura coûté la modique somme de 2,3 millions d’euros. Développé et breveté par l’entreprise Veolia (spécialisée dans la gestion de ressources en eau, matière et énergie), Rob’Inn est un dispositif nouvelle génération dont vient d’être équipé le centre de  tri de Bègles. Son principe est simple : les particuliers déposent leurs meubles usagés dans les déchetteries du département, pour que ces derniers soient collectés puis triés par Rob’Inn, un bras robotisé équipé d’une pince.

Les agents de tri ne sont donc plus obligés d’être directement en contact avec les déchets : il suffit d’appuyer sur un écran tactile pour que le robot les saisisse, en précisant leur nature (bois, métal, plastique…). Il les place ensuite dans le conduit adapté, pour qu’ils soient acheminés vers les filières industrielles qui permettent de les valoriser (métallurgie, plasturgie…) La ferraille, le plastique et le bois peuvent ainsi être recyclés. Ce n’est cependant pas le cas des petits bouts de plastique issus des meubles et des matières mousseuses qui finissent en combustibles dans les cimenteries.

De 16.000 à 24.000 tonnes traitées

Pour l’instant, le robot n’est pas capable de détecter automatiquement la nature des déchets. « Mais ça viendra un jour, prédit Kiram Mahmoud, responsable d’exploitation du centre. Notre premier objectif est qu’il définisse lui-même leur volumétrie ».
« C’est un outil qui nous permet d’avoir de meilleures capacités industrielles, puisque l’on augmente notre portée de production. Jusqu’à présent, elle était de 16.000 tonnes par an sur ce site, explique Jean-Christophe Poultier, directeur de secteur au sein du centre. Ça nous permettrait de passer jusqu’à 24.000 tonnes de déchets d’ameublement ».

Un premier modèle a été installé à Chermignac (Charente-Maritime) fin 2017, et à
Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) en mai dernier. Une chose est sûre : le dispositif vise à s’étendre, selon Kiram Mahmoud.