Bordeaux : Pour soulager ses équipes, le CHU va fermer environ 600 lits cet été

SANTE Pour permettre à ses salariés de partir en vacances, le CHU de Bordeaux va déprogrammer des opérations sur deux à trois semaines, en juillet et août

Elsa Provenzano
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Le CHU de Bordeaux se prépare à un été compliqué, notamment à cause d'un manque de personnel.
Le CHU de Bordeaux se prépare à un été compliqué, notamment à cause d'un manque de personnel. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Cet été, le CHU de Bordeaux va fermer plusieurs centaines de lits sur trois semaines pour permettre à ses équipes de prendre des congés pendant les vacances scolaires.
  • La direction du CHU veut ménager ses équipes, alors qu’une vague de démissions collectives a été évitée de peu aux urgences adultes de Pellegrin, grâce à un système de régulation par le 15.
  • Quelque 250 recrutements de soignants fraîchement diplômés sont aussi annoncés au cours de l’été pour une rentrée plus sereine.

Le CHU de Bordeaux se prépare à la saison estivale, période durant laquelle s’ajoute au manque structurel de soignants la nécessité pour les personnels de prendre des vacances. « Il faut pouvoir donner des congés, trois semaines, entre juin et septembre, explique Stéphanie Fazi-Leblanc, directrice générale adjointe du CHU de Bordeaux. On veut protéger les équipes ». 

Fermer des lits pour ménager les personnels

Avec la régulation par le 15 des urgences adultes de Pellegrin mise en place depuis un mois, la catastrophe a été écartée de peu. « Les problèmes ne sont pas tous résolus mais on a évité des démissions collectives à l’entrée de l’été qui auraient paralysé tout le système », estime Philippe Revel, chef du pôle urgences adultes au CHU Pellegrin. Et la direction a bien conscience qu’il lui faut préserver ses forces vives dans un contexte où il est difficile de recruter des soignants. « On veut protéger les professionnels qui aiment leur travail pour ne pas qu’ils fuient l’hôpital », explicite Stéphanie Fazi-Leblanc.

Pour parvenir à donner ces congés le CHU, qui emploie plus de 14.000 salariés, n’a pas d’autre choix que de fermer des lits supplémentaires cet été, sur deux à trois semaines fin juillet et la première quinzaine d’août. « On aura un peu plus de lits ouverts en juillet par rapport à l’année dernière (un peu plus de 2.100 lits ouverts) et un peu moins sur le mois d’août, avec un peu moins de 2.000 lits ouverts », précise la directrice adjointe. Au total, sur la période cela représente 500 à 600 lits fermés. Ce chiffre englobe la fermeture de lits par manque de personnels mais aussi du fait que l’été est une période où il y a moins d’opérations chirurgicales que le reste de l'année. Habituellement, environ 300 lits sont fermés en période estivale.

250 recrutements annoncés

La cellule de crise hebdomadaire étudiera les déprogrammations d’opérations qui peuvent l’être au cas par cas, en fonction des besoins. « On a besoin tous les jours d’environ 70 lits pour hospitaliser les patients en aval des urgences », précise-t-elle. Ils sont répartis dans les différents services en fonction de leurs pathologies. Stéphanie Fazi-Leblanc met aussi en avant une campagne de recrutement qui va commencer auprès des futurs diplômés dès cet été, avec l’objectif d’intégrer 250 soignants à la rentrée.

« Les postes vacants sont ouverts, il n’y a pas de restriction, a-t-elle souligné. On met un plan d’attractivité le plus poussé possible, dans nos marges de manœuvre, pour avoir le plus de soignants possible. » Interrogée sur la possibilité de réintégrer ceux qui avaient refusé la vaccination contre le Covid-19, elle a répondu que cela représentait un effectif très minoritaire, moins de 50 personnes, et que cela n’était pas du tout envisagé. « Si on est dans un CHU, c’est qu’on croit à la science », a-t-elle fait valoir.

Le virus n’a d’ailleurs pas disparu, les médecins régulateurs ont affaire à de plus en plus de cas et, ce lundi, cinquante patients sont hospitalisés sur le CHU de Bordeaux, qui en a profité pour rappeler l’importance des gestes de protection.