Bordeaux : Six immeubles évacués après des fissures et des fragilités sur un bâtiment de l'hypercentre

MENACE D'EFFONDREMENT Place Gambetta, un expert auprès du tribunal administratif a jugé l'état d'un bâtiment fissuré inquiétant, ce qui va entraîner des mises à l'abri et un périmètre de sécurité

Elsa Provenzano
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Plusieurs immeubles de la place Gambetta a Bordeaux ont été évacués ce mercredi par crainte d'un effondrement.
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Plusieurs immeubles de la place Gambetta a Bordeaux ont été évacués ce mercredi par crainte d'un effondrement. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Six immeubles du centre historique bordelais sont évacués ce mercredi avant 18 heures à cause d’un risque d’effondrement.
  • Le 12 bis de cette place présente un mur porteur intérieur dans un état inquiétant qui a motivé la décision de l’expert auprès du tribunal administratif, sollicité par la ville.
  • Des travaux de sécurisation doivent être menés sur place d’ici trois semaines et un périmètre de sécurité pour les passants sera installé d’ici ce mercredi soir.

Certains commerçants de la place Gambetta ont déjà baissé le rideau, d’autres s’activent à ranger leurs stocks, ce mercredi matin. Et, ceux que l’on croise indiquent d’un geste qu’ils n’ont pas le cœur à s’exprimer.

Six immeubles de cette coquette place refaite à neuf récemment vont être évacués d’ici 18 heures ce mercredi, en raison d’un risque d’ effondrement. Six appartements, six commerces et deux entreprises vont devoir plier bagage pour une durée indéterminée. Tout le monde a en tête l’effondrement, le 21 juin 2021 au beau milieu de la nuit de deux immeubles du XVIe siècle, rue de la Rousselle.

Des fragilités relevées sur un immeuble

Des fissures sur la façade du 12 bis ont alerté un salarié d’In Cité, concessionnaire pour la ville de Bordeaux de l’aménagement sur le centre historique, qui a l’habitude de passer devant ces façades. Lundi, un expert auprès du tribunal administratif sollicité par la ville s’est rendu sur place. Ses conclusions, rendues ce matin, font état d’une situation inquiétante principalement à cause d’un mur porteur intérieur du 12 bis « qui est particulièrement fragilisé et qui pourrait s’effondrer », explique Stéphane Pfeiffer, adjoint au logement.

La fissure s'étend sur les deux façades du 12 bis et du 13 place Gambetta.
La fissure s'étend sur les deux façades du 12 bis et du 13 place Gambetta. - E.Provenzano / 20 Minutes

Par crainte d’un effet domino cinq immeubles voisins du 12 bis (11, 12, 13, 14 et 111 rue Porte Dijeaux) sont aussi concernés par l’évacuation. L’expert a précisé qu’il fallait organiser le départ des occupants dans les 24 heures et engager des travaux de sécurisation d’ici trois semaines. Des étaiements seront réalisés à l’intérieur ainsi qu’un étrésillonnage des façades. Et, devant les 12 bis et 13 de la place, des chevalets seront installés.

Un défaut d’entretien ?

Dans ces bâtiments, principalement occupés par des commerçants, un arrêté d’interdiction d’exploitation, va permettre aux professionnels de se tourner vers leurs assureurs pour faire face à leur perte d’activité. Les locataires qui en ont besoin seront accompagnés par la mairie pour le relogement même si celle-ci précise que c’est en premier lieu aux propriétaires de le prendre en charge.

L’immeuble n’avait pas encore été signalé à la mairie. « On sait qu’il n’y a jamais eu d’intervention d’un bureau d’études et, selon premiers éléments, un défaut d’entretien serait en cause », avance l’adjoint au logement. Il rappelle que la ville a mis en place des aides pour inciter les propriétaires à réaliser des expertises sur leurs biens.

Les travaux de la rénovation de la Porte Dijeaux vont être interrompus, alors qu’ils arrivaient à leur terme dans une semaine, pour mettre en en sécurité les commerces et les passants. Le passage sous la Porte Dijeaux pourra, lui, rester ouvert. Tout autour des immeubles concernés « un périmètre de sécurité est en cours de délimitation pour organiser la déambulation », précise Amine Smihi, adjoint à la sécurité.

Le rapport des experts du centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) sur le bilan de santé du centre historique bordelais, lancé après les effondrements sur la rue de la Rousselle, est attendu début 2023.