Bordeaux : Deux hommes prostituaient des mineures placées dans un foyer de l’enfance

PROXENETISME Deux hommes de 28 et 21 ans ont été mis en examen jeudi à Bordeaux pour « proxénétisme aggravé », soupçonnés d’avoir prostitué sept mineures âgées entre 13 et 16 ans, et qui étaient placées au foyer de l’enfance d’Eysines

Mickaël Bosredon
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Le centre départemental de l'enfance et de la famille d'Eysines a mis au point une formation en ligne sur la protection de l'enfance.
Le centre départemental de l'enfance et de la famille d'Eysines a mis au point une formation en ligne sur la protection de l'enfance. — MEHDI FEDOUACH / AFP
  • Les deux suspects ont été interpellés mardi dernier, et déférés jeudi au parquet de Bordeaux qui a ouvert une information judiciaire.
  • Ils sont soupçonnés d’avoir prostitué depuis le mois d’octobre sept adolescentes âgées entre 13 et 16 ans, qui étaient placées au foyer de l’enfance d’Eysines.
  • Le principal mis en cause mettait à disposition son appartement, à Mérignac, « pour la réalisation des prestations sexuelles, en échange de 50 % des gains. »

L’affaire est particulièrement sordide. Sept mineures placées au Centre départemental de l’enfance et de la famille d’Eysines (CDEF), dans la banlieue de Bordeaux, ont été victimes d’exploitation sexuelle, au moins depuis le mois d’octobre 2021, a révélé jeudi soir le parquet de Bordeaux.

L’affaire a éclaté après le signalement par le CDEF lui-même, le 31 décembre dernier, de faits de prostitution d’une mineure de 14 ans placée dans ce foyer. L’enquête confiée aux policiers de la brigade du proxénétisme de l’Unité en charge de l’économie souterraine (Uses) permettait d’établir que cette jeune fille et d’autres pensionnaires du foyer étaient « victimes d’exploitation sexuelle » indique le parquet.

« Détresse sociale et affective »

Les investigations ont mis en évidence « l’implication de deux hommes qui profitaient de la détresse sociale et affective de ces jeunes filles pour les enrôler dans des activités de prostitution via des petites annonces postées sur les réseaux sociaux, en marge d’activités de trafic de produits stupéfiants. » Sept mineures, âgées entre 13 et 16 ans, ont en tout été identifiées comme ayant été sous la coupe de ces deux hommes depuis le mois d’octobre 2021.

Les deux suspects ont été interpellés mardi dernier, et déférés jeudi au parquet de Bordeaux qui a ouvert une information judiciaire. Ils ont été mis en examen des chefs de « proxénétisme aggravé » et « infraction à la législation sur les stupéfiants. »

« Possibilité d’obtenir facilement de l’argent »

Le principal mis en cause âgé de 28 ans, « séduisait dans un premier temps l’une des mineures et l’incitait ensuite à rabattre d’autres jeunes filles mettant en avant la possibilité pour elles d’obtenir facilement de l’argent. » Il mettait à disposition son appartement, à Mérignac, « pour la réalisation des prestations sexuelles, en échange de 50 % des gains. »

Il était également découvert à son domicile 3.830 euros, 320 grammes de résine de cannabis, 50 grammes de cocaïne et 65 grammes d’herbe. L’autre individu mis en cause, âgé de 21 ans, est considéré comme « associé occasionnel ».

L’office central pour la répression de la traite des êtres humains observe une augmentation de près de 39 % du « proxénétisme de cité » - qui se caractérise par l’exploitation sexuelle de jeunes filles présentant des fragilités sociales - entre 2019 et 2021.