Autopsie d'un coup de théâtre à la commission d'appel d'offres

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« On ne comprend pas bien comment le candidat favori devient

complètement nul en quelques jours... » Cette phrase du président du tribunal, Denis Couhé, résume bien les incohérences du dossier soulevées depuis l'ouverture du procès de François Saglier, lundi. L'ancien chef de la mission tramway à la CUB comparaît pour favoritisme. Il est soupçonné d'avoir favorisé l'entreprise française Alstom au détriment de l'allemand Adtranz pour la fourniture des rames et la pose des voies.

Hier, le tribunal a consacré une bonne partie de l'audience à étudier le déroulement de la commission d'appel d'offres du 3 février 2000. C'est en effet lors de cette réunion que le choix d'Alstom a été arrêté. Ce jour-là, dans sa présentation des dossiers, François Saglier a semble-t-il exclu d'emblée la candidature d'Adtranz, ne la jugeant « pas acceptable en l'état ». Pour argumenter sa position, il explique qu'Adtranz « limite la validité de son offre à trente-six mois, ce qui met la CUB dans l'impossibilité d'acheter des rames supplémentaires au-delà de trois ans. » Il précise également que la liste des pièces détachées et le prix de la maintenance fournis par l'opérateur ne sont pas conformes au cahier des charges. Pourtant, le préambule du dossier d'Adtranz indique qu'ils peuvent être modifiés pour mieux correspondre aux souhaits de la CUB. Un préambule que n'a pas lu ou qu'a volontairement ignoré François Saglier. Ce qui explique son revirement devant la commission d'appel d'offres et l'étonnement de certains de ses membres, qui parlent d'« un vrai coup de théâtre ». Jusque-là, le dossier allemand était en effet considéré comme le plus sérieux par François Saglier. Il en avait fait part à Alain Juppé, alors président de la CUB. W

S. L.