Bordeaux : Deux coursiers à vélo créent Blackbird, un modèle de livraison « écolo et éthique »

RESTAURATION Jérémy Wick et Nicolas Chollon viennent de lancer leur propre application de livraison de repas à domicile à Bordeaux

Mickaël Bosredon
L'équipe de coursiers à vélo de Blackbird.
L'équipe de coursiers à vélo de Blackbird. — Blackbird
  • Blackbird, lancé il y a un mois, compte déjà 25 restaurants à sa carte.
  • L’objectif de ce nouveau service de livraison est de proposer un modèle « écolo et éthique » face aux mastodontes du secteur.
  • Le coursier est quant à lui au cœur du dispositif de l’entreprise.

Sur la place bordelaise, il est connu pour ses prises de position en faveur des coursiers à vélo. En 2019, Jérémy Wick avait même pédalé jusqu'à Paris, puis avait poussé à Londres jusqu’au siège de Deliveroo, pour réclamer de meilleures conditions de travail.

La crise du Covid-19 n’a pas amélioré la situation des livreurs, loin de là. Alors Jérémy Wick a décidé de franchir un pas supplémentaire, en créant avec un collègue livreur, Nicolas Chollon, sa propre société de livraison de repas à domicile : Blackbird.

« Je ne fais pas ça pour devenir millionnaire »

S’attaquer aux mastodontes du secteur que sonf Uber Eats et Deliveroo, n’est-ce pas un peu utopique ? D’autant que d’autres offres concurrentes ont déjà été lancées. A Bordeaux, des coursiers avaient créé une coopérative, Les coursiers bordelais, dès 2017, même si celle-ci ne livre pas que de la nourriture.

Jérémy Wick ne se berce pas d’illusion. « Je ne dis pas qu’on aura un jour le même volume de clients qu’Uber et Deliveroo, et clairement, je ne fais pas ça pour devenir millionnaire, explique-t-il. On veut juste se différencier des autres plateformes en proposant un modèle écolo et éthique. Notre entreprise est 100 % bordelaise et on privilégie les enseignes locales, il n’y a pas de grosses chaînes de fast-food parmi nos restaurants. »

Lancée il y a un mois, l’appli Blackbird propose déjà 25 restaurants à la carte et tourne avec une dizaine de livreurs. « On ne recrute que des livreurs à vélo, pas de scooter, pas de voiture » insiste Jérémy Wick. Le coursier est au cœur du dispositif de l’entreprise. « La première chose à laquelle on a pensé, ce sont les conditions de travail des livreurs. La moyenne d’une course est de 5,50 euros, avec un tarif minimal de 4,50 euros. C’est deux euros de plus que les autres plateformes. Au final, 80 % du chiffre d’affaires de Blackbird va aux livreurs. C’est énorme. »

« On mise sur la qualité du service »

Côté restaurants, Blackbird prélève un tarif fixe aux établissements, en fonction des secteurs de livraison, « pas de commission sur la commande ». Pour les clients, « les frais de livraison vont de 2,50 euros à 4 euros maximum, il n’y a pas de frais de service ». Et Blackbird livre dans un rayon de 3,5 km autour du restaurant, midi et soir, tous les jours.

Au final, « on est moins cher qu’Uber et Deliveroo, et on mise sur la qualité du service : respect des horaires et des règles d’hygiène, notamment ». Entre les frais de maintenance, les installations d’appli dans les restaurants, les deux livreurs ont déjà mis plusieurs dizaines de milliers d’euros de leur poche pour leur projet. Aujourd’hui, ils demandent aux clients qui croient en ce modèle qui se veut plus vertueux, de les soutenir financièrement sur la cagnotte Leetchi.