Ambiance bord de mer en centre-ville

Marion Guillot Photos : Pascal Saura

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Aire de beach-volley, terrain de foot, espace cardio et pelouses à gogo. Avec l'ouverture du Parc des sports Saint-Michel, vendredi, les 40 ha des quais de Bordeaux viennent d'achever leur lifting. Projet phare d'Alain Juppé, ce grand projet urbain a été lancé par la CUB en 2000 et conçu selon les plans du paysagiste Michel Corajoud. Subtil équilibre entre espaces plantés, promenades et activités, la population l'a immédiatement adopté. Le miroir d'eau, noir de monde au moindre rayon de soleil, en est l'exemple le plus significatif. Mais le Parc des sports Saint-Michel, dernier maillon du projet, devrait lui aussi battre des records de fréquentation.

Vaste de 5,5 ha, cet espace compris entre le pont de Pierre et le Conservatoire offre d'immenses pelouses, une piste cyclable, mais surtout six terrains de sport en accès libre. Hier, ils étaient déjà pris d'assaut, y compris le fronton de pelote basque. Pour éviter les accrochages entre utilisateurs, la mairie de Bordeaux a recruté des « régulateurs », qui patrouillent entre les terrains 365 jours par an. Leur mission : veiller à ce que ces équipements soient correctement utilisés et à maintenir un climat cordial entre utilisateurs. En attendant l'installation de caméras de surveillance, la police municipale effectue des rondes régulières la nuit. Cet espace de détente était très attendu des habitants. Salmah, qui vit dans le quartier voisin de Saint-Michel, ne cache pas son bonheur. Installée sur l'herbe avec son amie Nabou, elle profite du soleil pendant que son fils et ses neveux s'amusent dans l'aire de jeux pour enfants.

« Il me tardait que ça ouvre, car le quartier manquait vraiment d'espaces verts », se réjouit-elle. « On n'avait que la place André-Meunier, qui n'est pas très bien entretenue. Tandis que là, on peut pique-niquer et laisser les enfants jouer. » Comme elle, hier, de nombreuses familles prenaient le frais sur les pelouses, à l'ombre des pins. La formule « pique-nique-vélos » semblait avoir la cote. Certains avaient même sorti les cerfs-volants... Bref, il ne manquait que les surfeurs et les marchands de glaces pour se sentir vraiment à la plage. « Il manque aussi les bateaux », regrette Chantal, jeune retraitée venue faire ses mots croisés sur un banc et propriétaire d'un bateau de plaisance à Port-Médoc. « Ce parc est une grande réussite, même si je ne suis pas pour Juppé, glisse-t-elle. Mais si les plaisanciers pouvaient eux aussi venir profiter des quais de Bordeaux, ce serait parfait. » W