Bègles : L'ancienne papeterie reprise par le groupe Global Hygiène, le projet des ex-salariés passe à la trappe

ECONOMIE Global Hygiène, qui produit des produits d'hygiène à usage unique à partir de ouate de cellulose, devrait ouvrir son usine sur le site à l'été 2023

Elsa Provenzano
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Les salariés de la papeterie de Bègles portent un projet de reprise pour le site qui va bientôt fêter ses 100 ans d'existence.
Les salariés de la papeterie de Bègles portent un projet de reprise pour le site qui va bientôt fêter ses 100 ans d'existence. — Claude Duthil
  • Le projet Origami porté par d’anciens salariés de la papeterie de Bègles ne pourra pas cohabiter avec celui du repreneur Global Hygiène.
  • Par manque de place et de soutiens financiers, ce projet qui prévoyait un recyclage des vieux papiers, notamment pour de l’isolation thermique des bâtiments, est définitivement écarté.
  • Global Hygiène sera propriétaire à l’été 2022 pour une mise en service de l’usine reconvertie à l’été 2023.

Il va leur falloir tourner la page. Le projet Origami, porté par  d'anciens salariés de la papeterie de Bègles fermée par le groupe Etex le 31 mars 2021, ne se fera pas. Il envisageait de  recycler 100.000 tonnes de vieux papiers et de les valoriser en matériaux biosourcés, notamment pour l’isolation des bâtiments. Un projet « pas totalement abouti » pour le président (PS) de Région Alain Rousset, qui a rappelé que le choix revenait à Etex. Il manquait aussi de moyens financiers, pointe Stéphane Delpeyrat, vice-président de Bordeaux Métropole.

L’association derrière le projet Origami avait tenté de proposer un partage du site, en délocalisant une partie de son stockage, mais cela n’a pas été retenu. « La cohabitation a été étudiée, et même en poussant les murs, ce n’est pas possible. On a salué le projet, mais malheureusement Origami, sur ce site, s’arrête là », complète Clément Rossignol Puech, le maire (EELV) de Bègles. L’idée d’une valorisation circulaire des déchets est donc enterrée en même temps que le projet Origami, pour l’instant du moins.

Nouveaux besoins, nouveaux procédés

C’est le groupe Global Hygiène que le groupe Etex a choisi comme repreneur. Spécialiste des consommables d’hygiène à usage unique pour les hôpitaux et les entreprises, la société va acquérir le site cet été pour une ouverture après travaux estimée à l’été 2023. Une implantation stratégique pour le groupe puisqu’il n’existe pas d’usine de ce type dans le Sud-Ouest. Le site sera inclus dans un nouveau quartier dont l’aménagement est piloté par l’établissement Euratlantique.

Le site va faire l’objet d’une reconversion pour s’adapter à l’activité du nouvel acquéreur. « Le recyclage de vieux papiers dont on a besoin pour l’hygiène est en fait constitué de papiers de sorte supérieure, explicite Luc Brami. Le produit qu’on obtient doit être blanc donc cela engendre certaines contraintes et on ne peut pas réutiliser exactement les mêmes papiers que ceux qui l’étaient sur le site. De plus, notre volume de transformation sera moindre, 50.000 au lieu de 100.000 tonnes précédemment ». Le but est de passer d’un papier de 300 grammes par m2 à 15 grammes par m2, et pour ce faire, il faut changer complètement les procédés.

La préfecture indique que deux tiers des anciens salariés d’Etex ont trouvé une solution après leur licenciement et que l’accompagnement se poursuit pour ceux qui restent. On ignore encore si certains des 17 salariés restés sur le carreau après la fermeture d’Etex pourraient éventuellement être recrutés par Global Hygiene.