Coronavirus à Bordeaux : Trop d'agents municipaux absents, des pique-niques demandés aux parents deux fois par semaine

ECOLE La mairie de Bordeaux doit faire face une vague d’absentéisme de ses agents dans les écoles en raison de l’épidémie de Covid-19

Elsa Provenzano
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 illustration cantine scolaire dans une ecole primaire. Bordeaux,FRANCE-17/03/2014
illustration cantine scolaire dans une ecole primaire. Bordeaux,FRANCE-17/03/2014 — SERGE POUZET/SIPA
  • La ville de Bordeaux compte 20 % d’absents parmi ses agents municipaux travaillant dans les cantines à cause de la cinquième vague de Covid-19.
  • Elle ne peut plus assurer le service de repas chauds dans de bonnes conditions tous les jours, dans les 113 écoles de la ville.
  • Il est demandé aux parents de prévoir un pique-nique pour leurs enfants deux fois par semaine à partir de lundi 24 janvier et ce jusqu’aux vacances de février.

A partir de ce lundi 24 janvier et jusqu’aux vacances de février, les parents des écoliers bordelais devront préparer deux repas froids par semaine pour leurs marmots. En cause la cinquième vague de Covid-19 qui n’épargne pas les agents qui assurent le service dans les  cantines des 113  écoles bordelaises. « On a un très fort taux d’absentéisme sur le personnel municipal et on n’est plus en mesure aujourd’hui d’assurer la restauration avec le taux d’encadrement normalement nécessaire », explique Sylvie Schmitt, adjointe à l’éducation. Sur les 892 agents municipaux, 182 sont absents soit un taux d’absentéisme de plus de 20 %.

Des difficultés à recruter des agents

« Sur la pause méridienne, on va continuer à assurer l’accueil dans de bonnes conditions de sécurité et sanitaires mais on n’a pas assez d’encadrements pour les repas chauds », précise l’adjointe. Il est donc demandé temporairement aux parents d’élèves de maternelle de fournir un pique-nique les lundis et jeudi et aux parents d’élèves de primaire les mardis et vendredis, s’ils ne peuvent faire manger leurs enfants chez eux. « C’est peut-être compliqué à comprendre pour les familles mais on a besoin de solidarité en ce moment » , pointe Sylvie Schmitt. « On a compté cela revient à six midis et on optera sûrement pour un pique-nique, ça va l’amuser, réagit le père d'un petit garçon scolarisé en maternelle à Bordeaux. Mais au-delà de lui, moi ce qui me gêne c’est qu’il y a des gamins pour lesquels c’est le seul repas chaud de la journée. » Il s’inquiète aussi que certains élèves viennent sans rien à manger, et s’interroge sur la possibilité de servir un repas froid à ceux qui seraient dans ce cas-là.

Depuis deux ans, Sylvie Schmitt souligne que les équipes sont soumises à rude épreuve puisque l’application des protocoles sanitaires successifs a alourdi leurs tâches quotidiennes, notamment de nettoyage. Des mesures ont déjà été prises pour soulager les agents en sous-effectif : « On a déjà servi des repas dans des assiettes en carton pour alléger la plonge par exemple, souligne l’adjointe. Mais avec 182 absents, on n’arrive plus à suivre. »

Un pool de remplaçants existe mais il est insuffisant au regard du nombre de personnes isolées. Et, 35 recrutements ont été lancés en décembre mais l’attractivité de ces métiers de service à la personne pose aussi problème. « Il y a un important travail des agents sur le terrain, aux côtés des enseignants, notamment pour le maintien du protocole sanitaire. Sans eux, l’école ne pourrait pas fonctionner », conclut Sylvie Schmitt. La ville a fait remonter auprès des services de l’Etat sa problématique d’effectifs, partagée par d’autres collectivités. Elle espère que cette formule de pique-niques permettra de tenir jusqu’aux vacances de février, sans jeter un froid parmi les parents d’élèves.