Bordeaux : Les plombiers à vélo ont trouvé le bon tuyau

ENTREPRISE Le réseau des plombiers à vélo est en train de s’étoffer sur l’agglomération bordelaise

Mickaël Bosredon
— 
Jean-François Morlon, le vélo-plombier à Bordeaux.
Jean-François Morlon, le vélo-plombier à Bordeaux. — Un Jour Extra
  • Lancée en 2018, la marque Bicycl’Eau veut désormais développer un réseau d’indépendants.
  • Le pionnier des plombiers à vélo sur Bordeaux, Jean-François Morlon, intervient de son côté dans la zone intra-rocade pour les petits dépannages.
  • Même s’ils ne peuvent pas transporter tout l’outillage d’un plombier traditionnel dans leurs caisses, ils arrivent à assurer la plupart des interventions tout en s’évitant la contrainte des bouchons sur la route.

Ils sont désormais trois, et « on pourrait être beaucoup plus sans se gêner », assure le vélo-plombier Jean-François Morlon, le premier à s’être lancé dans cette aventure à  Bordeaux, en 2016. La demande est telle que Pierre-Armand Douillard, qui a créé  Bicycl’Eau en 2018 et déjà parcouru 12.000 km, est en train de créer un réseau d’indépendants en ce début d’année.

Le vélo cargo des plombiers du réseau Bicycl'Eau
Le vélo cargo des plombiers du réseau Bicycl'Eau - Bicycl'eau

Un deuxième plombier a déjà rejoint le réseau en septembre 2021, « et nous voulons continuer à nous développer à Bordeaux et autour, explique-t-il. Mon confrère intervient sur une partie de Bordeaux et Mérignac, et moi c’est Caudéran et Le Bouscat, sachant que nous nous partageons également le centre-ville de Bordeaux. L’objectif est, à terme, d’avoir cinq à six plombiers sous la marque Bicycl’Eau, chacun étant dédié à un secteur, pour intégrer toutes les communes intra-rocade de la rive gauche. »

Un partenariat avec L’Atelier Remueménage pour des dépannages de cumulus

Jean-François Morlon intervient, lui, « dans toute la zone intra-boulevard. » Avec son vélo cargo électrique, il fait « ce que j’appelle de la plomberie d’appartement, explique-t-il. L’intervention typique dure une heure, il y a beaucoup de travail pour ce genre de choses à Bordeaux et de moins en moins d’artisans pour le faire, car les artisans traditionnels ont des difficultés pour circuler, entre les bouchons sur la rocade, les changements de sens de circulation et les voies de bus sur les boulevards, sans parler des difficultés de stationnement. Tout cela est un peu décourageant pour les plombiers en camionnette. »

Pierre-Armand Douillard fait également essentiellement du « dépannage et de la petite intervention. » Bicycl’Eau et Le Vélo-Plombier ont par ailleurs noué un partenariat avec L’Atelier Remueménage [association qui propose des déménagements aux publics en difficulté, notamment à vélo] pour effectuer des dépannages de WC et de cumulus. « L’Atelier Remueménage prend en charge l’approvisionnement du cumulus et l’enlèvement des déchets de chantier, explique Jean-François Morlon. Cela me permet de proposer une logistique 100 % vélo, de A à Z. Si je suis à vélo, mais que je fais circuler une camionnette pour mes livraisons, ma démarche perd de son sens. »

Côté tarifs, Pierre-Armand Douillard affiche « 48 euros de l’heure » et facture le déplacement « 24 euros. » Jean-François Morlon est, lui, à « 95 euros TTC, déplacement compris, la première heure, puis 60 euros l’heure supplémentaire. »

« Une réflexion à mener pour créer des dépôts »

Dans leurs caisses situées à l’avant du vélo, ces plombiers ne peuvent évidemment pas transporter tout leur matériel. « En fonction de ma tournée, je prends ce dont j’ai besoin, mais dans 80 % des situations j’ai ce qu’il faut », assure toutefois Jean-François Morlon. « J’ai fait le choix d’une caisse assez petite, pour me faufiler un peu partout, et dans 90 % des cas j’ai tout ce qu’il faut », complète Pierre-Armand Douillard, même s’il reconnaît que « parfois le chargement est un peu juste » et qu’il « faut faire des allers-retours pour aller chercher des outils. » « Il y aura sans doute une réflexion à mener pour créer des dépôts qui puissent convenir à tout le monde et limiter ainsi ces déplacements. »

Même si « le métier n’est pas de tout repos », pour rien au monde ils ne troqueraient leur vélo pour une camionnette. « Le vélo m’enlève tout le stress qu’il peut y avoir dans les déplacements, et qui est énorme quand on est en camionnette, assure Jean-François Morlon. C’est une solution de simplicité. »