Présidentielle 2022 : Un maire de Gironde sans étiquette assume son parrainage d'Eric Zemmour

POLITIQUE Jérôme Pardes, maire de Salaunes, une commune de 1.200 habitants dans le Médoc, explique qu’il veut contribuer à éviter « un déni de démocratie ». Sa décision a créé des remous dans son conseil municipal

Elsa Provenzano
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Eric Zemmour a reçu le parrainage d'un maire de Gironde (archives).
Eric Zemmour a reçu le parrainage d'un maire de Gironde (archives). — ISA HARSIN/SIPA
  • Jérôme Pardes, maire de Salaunes, en Gironde, a annoncé dans une vidéo son intention de parrainer Eric Zemmour, candidat à l’élection présidentielle.
  • Une partie de son conseil municipal s’est émue de cette communication alors que la liste présentée comme « sans étiquette » a été élue en juillet 2020.

« J’ai décidé de ne pas céder à la diabolisation et de prendre mes responsabilités en parrainant Eric Zemmour, c’est d’ailleurs une décision purement personnelle : elle n’engage ni mon conseil municipal, ni mes administrés. » C’est en ces termes que Jérôme Pardes, le  maire sans étiquette élu en juin 2020 à la tête de la commune girondine de Salaunes, avait dévoilé son intention dans une vidéo publiée jeudi 6 janvier. Une partie de son conseil municipal n’avait pas apprécié cette prise de position du maire. Il s’est réuni mardi à huis clos après cette annonce de  parrainage que le maire a décidé de maintenir, selon  les informations de Sud Ouest. Après cette réunion de crise, les élus ont décidé de ne plus répondre à la presse. Ni le maire ni l’opposition n’ont donc répondu aux sollicitations de 20 Minutes.



Dans cette vidéo, partagée par l’équipe de campagne du candidat, il explique que c''est dans le souci de contribuer à éviter un « déni de démocratie », qu’il veut attribuer son parrainage au candidat d’extrême droite. « Il n’est pas acceptable qu’un candidat qui rassemble près de 15 % des intentions de vote et qui est à la tête d’un parti en pleine expansion soit privé d’élection présidentielle faute de parrainage alors que d’autres qui ne réunissent pas 5 % des intentions de vote les auront sans difficulté », livre-t-il.

Deux jours après cette vidéo, il a tenu à clarifier sa position sur son compte Facebook : « J’aurais pu faire la même chose avec n’importe quel autre candidat qui se serait trouvé dans la même situation, écrit-il à l’intention de ses administrés. Pour être clair, cette promesse de parrainage ne signifie ni un soutien ni une adhésion aux idées. C’est une contribution au débat républicain. » Il se dit néanmoins séduit par une partie des idées du polémiste. Se défendant d’être d’extrême droite, il explique qu’il « n’accepte pas d’être gouverné par des gens qui pensent qu’il n’existe pas de culture française et qui pensent que l’universalisme est plus important que le patriotisme ».