Bordeaux : Le maire Pierre Hurmic pas favorable au retour de la navette aérienne avec Orly

MOBILITES Le maire de Bordeaux a toutefois reconnu qu'en septembre dernier il était prêt à faire une concession

Mickaël Bosredon
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L'aéroport de Bordeaux-Mérignac
L'aéroport de Bordeaux-Mérignac — M.Bosredon/20Minutes
  • La CCI de Bordeaux-Gironde, Bordeaux Métropole et la région Nouvelle-Aquitaine s'apprêtent à envoyer un nouveau courrier au gouvernement pour réclamer le retour partiel de la navette Orly-Mérignac.
  • Annoncé un moment comme signataire de ce courrier, le maire de Bordeaux a fermement démenti, rappelant son opposition farouche à cette navette.
  • Il a cependant reconnu avoir proposé, il y a quelques mois, de conserver deux vols quotidiens avec l'aéroport d'Orly.

Il ne « signera pas » le courrier dont il n’a « jamais eu connaissance ». Interrogé ce mardi sur la question d’un retour de la navette aérienne entre l’aéroport de Mérignac et Orly, suspendue par  Air France dans le cadre de la  loi Climat et Résilience dont l’article 145 interdit les vols intérieurs entre deux villes desservies par le train en moins de 2h30, le maire de Bordeaux  Pierre Hurmic a réaffirmé son opposition à ce rétablissement.

Alors que la commission européenne s’est saisie de ce dossier, plusieurs élus et acteurs économiques préparent un courrier au gouvernement, demandant le rétablissement de quatre vols par jour entre Bordeaux et Orly, quand la navette effectuait dix liaisons quotidiennes. Le président de la CCI de Bordeaux-Gironde Patrick Seguin avait laissé entendre il y a quelques jours que le maire bordelais était prêt à signer ce courrier, au même titre que le président de Bordeaux Métropole et que le président de la région Nouvelle-Aquitaine. Ce que Pierre Hurmic a démenti.

« Tout faire pour décourager l’alternative aérienne »

« Quand il y a eu une motion à Bordeaux Métropole souhaitant le retour de cette navette, notre groupe a été unanime contre vents et marées, pour défendre les mobilités décarbonées, a rappelé le maire de Bordeaux lors de sa conférence de rentrée, ce mardi. Nous considérons qu’à partir du moment où il y a une alternative ferroviaire à deux heures, il faut tout faire pour encourager celle-ci, et tout faire pour décourager l’alternative aérienne. Ma position est ferme depuis le départ et il ne faut pas revenir en arrière. Pour une fois que le gouvernement prend une mesure qui est à visée écologiste, ce n’est pas nous, écologistes locaux, qui allons la dénigrer. »

Le maire de Bordeaux a toutefois reconnu qu’il y a quelques mois de cela, il était prêt à faire une entorse à cette position inflexible. « La seule position que j’ai pu émettre, et qui peut être source de confusion, c’est qu’à l’occasion du conseil de surveillance de l’aéroport, le 16 septembre dernier, j’ai déploré la brutalité avec laquelle l’aéroport est traité, et j’ai émis l’hypothèse de conserver un avion le matin et le soir, pour laisser aux acteurs le temps de s’habituer. C’est la seule concession que j’étais prêt à faire, mais elle n’a pas été retenue. »

Pas retenue, mais pas tombée dans l’oreille d’un sourd non plus, ce qui a pu, peut-être, laisser croire au président de la CCI que le maire de Bordeaux était prêt à aller un peu plus loin. Quitte à lui forcer légèrement la main.