La reprise des cours pas encore acquise

Sophie Lemaire

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« Si on arrête maintenant alors qu'on n'a rien obtenu, on va passer pour des guignols ! » A la tribune, Julie rejette sans hésiter la proposition faite la semaine dernière par le nouveau président de Bordeaux-III, Patrice Brun, et validée par les conseils centraux de l'université : reprendre les cours le 4 mai, après une semaine « consacrée à une réflexion sur la mobilisation et à ses nouvelles formes d'action ».

L'initiative prise par le président marque un tournant dans les relations entre le comité de mobilisation et l'administration de l'université, qui soutenait plutôt le mouvement jusqu'ici. « C'est toujours le cas, affirme au micro Jean-Yves Coquelin, vice-président du Conseil des études et de la vie universitaire (Cevu). Nous ne sommes pas à Bordeaux-I, il n'y a jamais eu de flics ici. On vous propose juste de trouver une 3e voie. » « Et quand est-ce qu'on se mobilise, demande Ninon. Entre deux TD ? Ça ne marchera pas ! »

Dans l'assemblée, moins dense que d'habitude pour cause de vacances universitaires, certains ont une position moins tranchée. « Vous n'avez rien obtenu jusqu'ici, alors ça suffit, s'emporte Aurélie, étudiante en 3e année de chinois, qui s'improvise porte-parole des anti-blocage. C'est notre avenir que vous menacez. » L'avenir, tous les étudiants y pensent. « C'est un chantage aux examens, et les maîtres chanteurs sont au gouvernement », affirme Christophe, enseignant, favorable à la poursuite du mouvement. « De toutes façons, c'est à l'AG de décider, pas au président », estime Florian, membre du comité de mobilisation. Elle le fera lundi prochain, à l'issue des vacances. W