La fin du secret de Polichinelle

Sylvain Bouchon

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Bordeaux vise le titre. Pour une équipe qui pointe à la deuxième place du championnat de Ligue 1 à six journées de la fin avec seulement deux longueurs de retard, voilà qui peut sembler évident. Surtout quand cette formation reste sur cinq victoires consécutives, dont la dernière sur le champion sortant. Ce serait mal connaître la maison. Quelques secondes après le coup de sifflet final, au micro de Canal +, Laurent Blanc refusait de tomber le masque. En reconnaissant que « sur le terrain, on a prouvé qu'on visait le titre », Alou Diarra, buteur dimanche soir, a mis fin à véritable tabou. Fini le « cachez ce titre que je ne saurais voir ».

Mais dans l'euphorie de la victoire, pas question pour autant de céder au triomphalisme. « Nos ambitions sont affichées, mais Marseille a les cartes en main », tempère ainsi Yoan Gouffran. Finalement, le plus disert reste l'actionnaire majoritaire, Nicolas de Tavernost. « Il reste six journées, l'équipe va se battre pour être le mieux possible en fin de saison, si vous voyez ce que je veux dire (sourire). L'objectif premier c'était la Ligue des champions. Si on peut avoir un bonus, on ne va pas se gêner ! »

Un coup d'oeil sur le calendrier légitimise cette ambition désormais assumée. Sur les six journées restantes, les Lyonnais rencontreront trois membres de la première moitié du classement, et Marseille, le leader, cinq. Le club phocéen accueillera même les Rhodaniens le dimanche 17 mai. Pendant ce temps-là, les Bordelais n'affronteront qu'un représentant du top ten, Rennes. Signe du destin, la dernière fois que Bordeaux avait battu Lyon à domicile remonte à 1999. L'année du titre...