Bordeaux : Améliorée, l’alimentation par le sol du tram doit permettre une diminution de 40 % des pannes

TRANSPORTS Kéolis et Alstom expérimentent sur le réseau de Bordeaux Métropole leur dernière version de l’alimentation par le sol (APS) qui doit assurer une plus grande fiabilité

Elsa Provenzano
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Les premiers nouveaux boîtiers d'alimentation par le sol sont testés sur le secteur des Quinconces.
Les premiers nouveaux boîtiers d'alimentation par le sol sont testés sur le secteur des Quinconces. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • L'alimentation par le sol sur une partie du réseau de tram bordelais va être améliorée pour diminuer les pannes.
  • Le réseau bordelais a été précurseur dans l'installation de l'APS et va tester la nouvelle génération de ses boîtiers.

Il y a vingt ans, le réseau de tramways bordelais était le premier à expérimenter le  système d’alimentation par le sol (APS) pour éviter des raccordements aériens peu esthétiques dans certains secteurs historiques de la ville. Après des débuts un peu compliqués, on trouve aujourd’hui 1.600 coffrets APS qui couvrent 30 kilomètres du réseau de  Bordeaux Métropole qui en compte presque 80 au total.

Si les pannes APS sont loin d’être le motif principal d’interruption du trafic, elles arrivent en tête des raisons techniques. Bordeaux Métropole et son délégataire Keolis mettent en avant qu’il leur est possible d’agir sur ces pannes quand ils sont impuissants à maîtriser d’autres interruptions de trafic (encombrements des voies, manifestations, intervention de la police pour des colis suspects, intempéries et accidents avec des tiers etc.).

Depuis novembre, le réseau bordelais est ainsi le premier à tester aux Quinconces une quarantaine de boîtiers APS nouvelle génération qui doivent permettre de réduire de 40 % les pannes sur ces coffrets.

Des boîtiers améliorés

Enterrés sous les voies, ces coffrets sont des bijoux technologiques qu’il faut aujourd’hui encore améliorer. « Le système de coffret sert à gérer l’alimentation sur le rail central, comme ici à Quinconces, il alimente la rame mais pas en permanence, pour des questions de sécurité que tout le monde comprend », précise Pierrick Poirier, directeur général Keolis Bordeaux. Le boîtier détecte la rame et déclenche l’alimentation au fur et à mesure de son passage.

Après déjà deux évolutions techniques depuis leur mise en service Antoine Lequeux, directeur maintenance et patrimoine chez Keolis, parle ici de « saut technologique ». « On a changé la carte électronique qui permet de piloter l’alimentation électrique du secteur concerné et les contacteurs de puissance ont été robustifiés et intégrés au boîtier », explique-t-il.

Gagner une heure de coupure par semaine

Le réseau APS fonctionne normalement 96 % du temps mais quand il faut intervenir pour une défaillance sur un boîtier, cela nécessite une heure d’intervention pour le remplacer. Ces dernières années, deux heures de coupure par semaine ont été enregistrés sur ce réseau APS et l’objectif est de gagner une heure par semaine avec le nouveau boîtier. Les quarante coffrets seront testés pendant une année entière pour les exposer à tous les changements de saison. Grâce à la supervision à distance des boîtiers depuis le dépôt des trams de la Bastide, les équipes de Keolis savent quels sont ceux qui sont les plus sollicités. Environ 25 % des 1.600 coffrets seraient à renouveler à moyen terme, sachant qu’un boîtier coûte plus de 10.000 euros.

François D’Hulst, directeur du compte collectivités locales chez Alstom, rappelle que Bordeaux a été la première ville à faire confiance à l’industriel pour la mise en œuvre de cette technologie. Elle compte aujourd’hui le plus gros réseau au monde d’APS. En France : Reims, Tours, Angers, Orléans ont fait le choix de cette alimentation sans fil et à l’étranger des villes comme Rio, Sydney et Dubaï.