Examen de conduite pour Keolis

Marion Guillot

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« Je ne suis pas surpris. » Alain Thomas, secrétaire du comité d'entreprise de Veolia Transport et élu CGT, observe avec attention ce qui se passe à Lyon. Les syndicats de conducteurs seront en grève lundi, pour dénoncer la remise en cause des 280 accords salariaux par leur employeur, Keolis. Alors que la filiale de la SNCF s'apprête à reprendre les commandes du réseau bordelais au 1er mai, les syndicats restent sur leurs gardes.

La CGT ne se fait pas trop d'illusions : « Ce qui se passe à Lyon pourrait très bien arriver à Bordeaux », estime Alain Thomas. Des garanties ont pourtant été obtenues la semaine dernière auprès des dirigeants de Keolis. Face à l'intersyndicale, le futur patron du réseau bordelais, Bruno Danet, s'est engagé à ne pas toucher aux accords d'entreprise - notamment la journée de 7 h 36, unique en France - durant toute la durée du contrat de délégation de service public, soit cinq ans. Le projet de réorganisation du temps de travail (semaine de quatre jours) a également été abandonné. Ces engagements ont ensuite été confirmés par le directeur général France de Keolis, Jean-Michel Ferraris, dans un courrier adressé à l'intersyndicale daté du 8 avril. La CFTC veut y croire : « Nous avons bien fait de prendre les devants », se félicite Alain Fermigier, délégué syndical CFTC, à qui « ces garanties semblent suffisantes pour l'instant ». Il s'inquiète davantage de la passation de pouvoir entre Veolia et Keolis, « qui pourrait engendrer des couacs techniques sur les salaires du mois de mai ».

Côté CGT, on est moins confiant. « Ces garanties ne nous rassurent qu'à moitié quand on voit ce qui se passe à Lyon », relève Alain Thomas, qui prédit un conflit social très dur. L'exemple du réseau lillois l'inquiète encore plus : « Keolis y a déjà introduit l'annualisation du temps de travail, qui augmente la flexibilité des horaires des conducteurs, ainsi que la baisse des temps de pause. » W