Bordeaux : A La clinique des poupées, « le défi est de réussir à donner une seconde vie »

RESTAURATION Fabienne Mogue restaure et crée ses propres poupées, peluches ou automates au sein de sa Clinique des poupées depuis plus de 23 ans

Clément Carpentier
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Découvrez la clinique des poupées à Bordeaux — 20 Minutes
  • La clinique des poupées de Fabienne Mogue a ouvert il y a 23 ans. Aujourd’hui, elle y répare 300 à 400 pièces par an.
  • En plus du rush de Noël, elle doit faire avec un effet Covid-19 un peu inattendu. Les demandes viennent d’un peu partout et même de l’étranger.
  • En France, ils ne sont plus que cinq à proposer ce genre de restauration selon la couturière bordelaise. Maître artisan, elle propose aussi ses propres créations.

Il y a même un service pour les « blessés » en urgence absolu comme au CHU Pellegrin de Bordeaux. Bon, là, l’urgence est toute relative. « Quand on m’amène un doudou il devient la priorité car il faut faire au plus vite pour le ramener à son propriétaire », sourit Fabienne Mogue au milieu de son bloc opératoire. C’est comme cela que cette Bordelaise a logiquement surnommé son arrière-boutique au sein de sa Clinique des poupées. Vingt-trois ans qu’elle y opère poupées, doudous, peluches ou automates. En tout, elle restaure entre 300 et 400 pièces par an.

« Cette idée de faire revivre les objets a toujours été le fil conducteur de ma vie, de mon enfance jusqu’à maintenant, explique la couturière de formation. Au départ, ce sont des clients qui venaient me voir pour me demander quelques réparations et puis la vocation est vraiment venue lorsque j’ai fréquenté le Musée des automates et modèles réduits de La Rochelle. » C’est d’ailleurs là-bas le 2 juillet 1998 qu’elle ouvre sa première boutique avant de vite rejoindre Bordeaux. Elle n’a alors que quelques techniques de bases. Fabienne Mogue se forme sur le tas, elle en apprend tous les jours, encore aujourd’hui avec par exemple sa formation à la 3D pour réparer ses poupées et autres peluches.

Même les poupées ont eu le droit à leur effet Covid

En 2021, elles viennent de partout. Du Canada, de Suisse, d’Espagne, de Belgique notamment. Il faut dire que selon la maîtresse des lieux, ils ne sont que cinq en France à pratiquer ce type de restauration. Couture, peinture, etc., la Bordelaise fait tout de A à Z. Elle propose même des costumes personnalisés. « J’accepte tout, c’est mon défi de réussir à leur donner une seconde vie. Je travaille sur toutes les matières et franchement, notre métier évolue tout le temps avec de plus en plus de brevets. Il faut être à la page », précise celle qui a obtenu le titre de maître artisan.

Une poupée complètement restaurée par Fabienne Mogue.
Une poupée complètement restaurée par Fabienne Mogue. - Clément Carpentier / 20 Minutes

Et depuis deux ans, ce n’est pas le travail qui manque. Aussi surprenant que cela puisse paraître, la pandémie de Covid-19 a aussi eu des conséquences pour Fabienne Mogue :

Les gens sont restés chez eux pendant des semaines, ils ont fait du rangement et d’un seul coup, un vieux doudou tombait de l’armoire ou ils retrouvaient une poupée de famille au fond d’un carton. Du coup, j’ai eu beaucoup de demandes à la sortie du premier confinement notamment et depuis, ça n’arrête pas. Là, avec Noël, je suis sous l’eau ! »

Car Fabienne Mogue ne fait pas que de la restauration. Dans son bloc opératoire, elle crée ses propres poupées « Je fais de tout, il y a des pièces uniques mais aussi le petit doudou classique, des petites souris, des chats… », rappelle-t-elle. Les prix sont très variables selon la difficulté de confection et le temps de travail, ils vont de 15 à 300 euros à La clinique des poupées.