L'Observatoire des jardins sort de sa coquille

Marion Guillot et Mickaël Bosredon

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Citrons, Vulcains, Paons du jour... Dans son jardin de 500 mètres carrés, à Listrac-Médoc, Valérie est devenue experte en papillons. Depuis 2007, elle réalise des comptages réguliers pour l'Observatoire des jardins, une opération nationale pilotée depuis 2006 par le Muséum national d'histoire naturelle avec l'association Noé. « Nous en savons assez peu sur la perte de la biodiversité en France », reconnaît Benoît Fontaine, du Muséum.

Chaque habitant doté de balcon, d'une terrasse ou d'un jardin est ainsi invité chaque année, entre mars et octobre, à jouer les scientifiques en observant et en comptabilisant 28 espèces de papillons. Environ 3 600 foyers, dont 474 en Aquitaine, y ont participé en 2008. Et depuis cette année, ils peuvent également recenser les escargots. « Il suffit de s'enregistrer sur le site Internet de l'Observatoire, de décrire son jardin, puis de se créer un pseudo, explique Valérie. Ensuite, on coche les espèces aperçues dans un tableau. » Cette secrétaire de 42 ans, qui aime bichonner ses légumes, y voit « un bon moyen d'enrichir les statistiques sur l'environnement ». « Et il n'y a aucune contrainte, ajoute-t-elle, on peut le faire quand on veut ». Seule règle à respecter : ne pas cocher deux fois la même espèce à deux moments différents, car il peut s'agir du même individu. Cette opération doit permettre d'établir « des statistiques à grande échelle sur les espèces pour qui la ville est un obstacle à la survie », précise Benoît Fontaine. Grâce à ces données, le Muséum espère « stopper l'hémorragie et modifier les politiques d'urbanisation. » ■Pour participer à l'opération, rendez-vous sur www.noeconservation.org.