Et si pour décongestionner Bordeaux, on installait les entreprises « pas très loin de la mer ou de la forêt des Landes » ?

MOBILITE Réélu à la tête de la CCI Bordeaux-Gironde, Patrick Seguin fait de la mobilité sa priorité, et veut convaincre les entreprises d’aller s’installer près de la mer ou de la forêt des Landes, pour décongestionner la métropole

Mickaël Bosredon
— 
Tramway, place de la Bourse à Bordeaux
Tramway, place de la Bourse à Bordeaux — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Le président de la CCI défend un projet de grand contournement et la LGV vers Toulouse et vers l’Espagne, mais estime que de nouvelles infrastructures ne régleront pas à elles seules les problèmes de congestion routière.
  • Patrick Seguin soutient ainsi qu’il faut dorénavant mieux répartir les implantations d’entreprises dans le département.
  • Il prône aussi la création de plateformes logistiques aux portes de la métropole, qui serviraient aux livraisons du dernier kilomètre en centre-ville.

Oui au grand contournement, oui à la LGV vers Toulouse et vers l’Espagne, mais de nouvelles infrastructures ne régleront pas à elles seules, les problèmes de congestion routière du département. Fraîchement réélu à la tête de la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) Bordeaux-Gironde, Patrick Seguin vient de dévoiler sa feuille de route pour son nouveau mandat. Et le chef d’entreprise entend bien faire (enfin) avancer ces cinq prochaines années, le dossier de la mobilité qui agite tant les débats.

Patrick Seguin, président de la CCI Bordeaux-Gironde

« La mobilité, c’est un ensemble de solutions à mettre en place, qui sont complémentaires, clame Patrick Seguin. C’est de l’aménagement du territoire bien sûr, et il faut un nouvel axe routier nord-sud pour régler le problème des camions sur la rocade, mais c’est aussi le télétravail, ainsi qu’une nouvelle façon d’accompagner les entreprises. » En gros, mieux répartir les entreprises dans le département. « Il faut leur expliquer qu’il y a d’autres solutions que de s’implanter place de la Bourse à Bordeaux. On peut aussi installer son entreprise dans des endroits très sympas, pas très loin de la mer ou de la forêt des Landes. »

Une « numeric valley » aux portes de Bordeaux ?

Le président de la CCI entend se servir par exemple de la récente livraison du câble sous-marin de télécommunication Amitié, au niveau de la station balnéaire du Porge, comme d’un levier pour la création d’une sorte de « numeric valley » aux portes de Bordeaux. Partenaire du projet Amitié, Orange explique que ce « méga câble » de 6.800 km de fibre optique, qui relie les Etats-Unis et la France, « représente une belle opportunité pour la région, qui va devenir un hub numérique international, et permettra l’implantation de nouveaux data centers pour soutenir la croissance de l’écosystème numérique local. »

« Ce câble a des capacités de données inimaginables, confirme Patrick Seguin, et il arrive chez nous, en Gironde, pour irriguer toute l’Europe. Je prétends que nous avons une chance inouïe de créer une "numeric valley" entre Bruges et Le Porge, où il y a un territoire vierge et où on peut attirer les talents car l’environnement y est attractif. »

Des plateformes d’accueil aux portes de la métropole pour les livraisons du dernier kilomètre

Cela, c’est pour les flux entre les territoires. Mais il y a aussi la question des déplacements dans la métropole, et notamment celle des livraisons, qui intéresse au premier chef le patron de la CCI. Pour y remédier, il réclame la création de « plateformes d’accueil » aux portes de la métropole qui serviraient « aux artisans comme aux livraisons en centre-ville » explique Patrick Seguin.

« C’est un chantier que nous avions entamé sous Alain Juppé, poursuit-il, et je demande qu’on le relance dès maintenant, mais pour cela il faut une décision politique. Il faut imposer aux transporteurs de livrer sur des plateformes, depuis lesquelles de petits véhicules électriques effectueront les livraisons du dernier kilomètre. Regardez le matin rue Sainte-Catherine, il y a des camions partout. Et ils viennent parfois livrer un seul colis. »

Pour faire avancer ces dossiers, Patrick Seguin souhaiterait que la CCI « devienne le point de rencontre de tous les acteurs de la mobilité, pour coordonner tout cela et rendre une copie qui ne soit pas que la feuille de la route de la métropole ou du sud Gironde. »