Noël à Bordeaux : Un sapin de 11 mètres de haut, en acier et verre recyclés à la place du grand « arbre mort »

FESTIVITES L’artiste designer Arnaud Lapierre a conçu une œuvre pour remplacer le grand sapin de Noël de la place Pey-Berland

Elsa Provenzano
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L'œuvre est composée de facettes en miroirs sans tain, de couleur émeraude.
L'œuvre est composée de facettes en miroirs sans tain, de couleur émeraude. — Arnaud Lapierre
  • Un cône de verre et d’acier sera visible à partir du 11 décembre à la place du traditionnel sapin de la place Pey-Berland.
  • L’artiste designer Arnaud Lapierre a réalisé cette œuvre de 11 m de haut, en matières recyclées, pour la ville de Bordeaux.
  • Des panneaux de verre à la façon de miroirs sans tain vont offrir des reflets changeants en fonction de la lumière.

C’est une œuvre en forme de cône de 11 m de haut, 5 m de diamètre dans sa base et pesant deux tonnes qui va prendre la place du grand sapin traditionnellement installé sur la place de la mairie de Bordeaux pour les fêtes de Noël. Il fallait du lourd pour compenser l’absence de « l’arbre mort », dont Pierre Hurmic, le maire écologiste, ne voulait plus. C’est l’artiste-designer Arnaud Lapierre qui a proposé à l’élu un projet qui conjugue à la fois exemplarité écologique et spectaculaire. Les composants de l’œuvre arrivent ce samedi, ils seront assemblés d’ici le 10 pour une inauguration programmée le 11 décembre.

A la rentrée 2020, quand le maire annonce qu'il n'y aura plus de sapin sur la place pour les fêtes, il doit faire face à un tollé général et une pétition est même lancée pour le retour du conifère. « Il y a eu une polémique parce qu’on a retiré un symbole et on n’a rien mis à la place, analyse Arnaud Lapierre. Je me suis dit qu’il y avait peut-être une opportunité pour la mairie de proposer une nouvelle icône identitaire, qui serait un sapin revisité, une vision plus artistique, plus immersive. »

"Les différents niveaux s’emboîtent comme un meuble Ikea"

L’œuvre d’Arnaud Lapierre, inspirée d’une création de plus petite taille déjà réalisée pour la ville de Saint-Petersbourg, a une structure d’acier et des panneaux de verre, à la façon de miroirs sans tain, de couleur émeraude. « Toutes les matières sont recyclées et recyclables, assure l’artiste. L’œuvre pourra être réutilisée plusieurs années. Et, si un jour elle est démantelée elle pourra être recyclée à au moins 90 %. » Il a travaillé avec la métallerie bordelaise, un atelier de ferronnerie qui est situé à Latresne, près de Bordeaux. « Il n’y a pas de pièce qui ait été faite à plus de 50 kilomètres autour de la ville », se félicite Arnaud Lapierre.

Jusque dans l’installation, tout a été pensé pour minimiser l’impact environnemental. « L’œuvre est composée de plusieurs niveaux qui s’emboîtent comme un meuble Ikea, on va assembler pièce par pièce, précise le designer. Ce n’est pas une œuvre de plusieurs tonnes livrée avec une grue, ce qui est une aberration selon moi. »

Les panneaux en verre vont créer des jeux de reflets qui devraient amuser le public. La cathédrale et l’environnement de l’œuvre s’y refléteront avec de belles variations en fonction de l’heure de la journée. « Des jeux de vision vont se créer et c’est en cela que l’œuvre est immersive car elle est appropriable par le plus grand nombre », pointe l’artiste dont c’est le premier projet en France. Il travaille davantage en Asie et aux Etats-Unis. Reste à voir comment les bordelais vont accueillir ce sapin en verre qui n’est plus un vert sapin…