Bordeaux : Pour sa « reconquête végétale » de la ville, Pierre Hurmic veut « réhabiliter l’arbre »

NATURE La municipalité a présenté les grands axes de l’acte 2 de son plan « Grandeur Nature »

Mickaël Bosredon
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Le maire de Bordeaux Pierre Hurmic procède symboliquement à la plantation d'un arbre place Pey-Berland, devant l'hôtel de ville
Le maire de Bordeaux Pierre Hurmic procède symboliquement à la plantation d'un arbre place Pey-Berland, devant l'hôtel de ville — Mickaël Bosredon/20Minutes
  • Une vingtaine d’arbres seront plantés place Pey-Berland, emblème du Bordeaux minéral.
  • « Trop souvent, les arbres dans les projets urbains ont été méprisés, nous voulons le réhabiliter à travers notre politique urbaine » souligne le maire Pierre Hurmic.
  • « L’idée est d’offrir une végétation diversifiée, complète son adjoint en charge de la nature en ville, et de "faire avec" : nous ne sommes pas là pour ramener de la végétation ornementale à grand renfort de terre qui arriverait par camions. »

Comment mieux illustrer l’ambition de « reconquête végétale » de la ville, qu’en plantant des arbres place Pey-Berland, « emblème du Bordeaux minéral », comme l’a souligné Pierre Hurmic ? Le maire de Bordeaux a présenté mercredi l’acte 2 de son plan « Grandeur Nature ».

Sur cette place de l’hôtel de ville, une vingtaine d’arbres, des mélias, des pacaniers, un ginkgo, sont ainsi en train d’être plantés. « L’objectif sur cette place est la lutte contre le réchauffement climatique, explique l’adjoint chargé de la nature en ville, Didier Jeanjean. C’est une place noire, où il fait très chaud l’été, et ces arbres vont faire beaucoup d’ombre. » Soyons honnêtes, ce n’est pas non plus une forêt qui va pousser demain à cet endroit. « Il y avait beaucoup de contraintes sur cette place, notamment la présence de la cathédrale, reconnaît l’adjoint, mais on n’a pas reculé. »

« Passer d’une végétalisation d’embellissement à une végétalisation pour le bien-être et la santé »

« Nous sommes très fiers de planter sur cette place, insiste Pierre Hurmic. Mais derrière la place Pey-Berland, il y a toute une méthode que nous déployons. C’est une reconquête végétale de la ville, qui nous paraît plus que jamais indispensable. Il s’agit de passer d’une végétalisation d’embellissement à une végétalisation pour le bien-être et la santé des habitants. Il y a une demande de nature sanitaire, voire nourricière, de la part des habitants, et trop souvent, les arbres dans les projets urbains ont été méprisés, nous voulons le réhabiliter à travers notre politique urbaine. » Pierre Hurmic a ainsi signé la déclaration des droits de l’arbre, dont le règlement sera diffusé aux maîtres d’ouvrage de travaux sur la ville.

Un peu plus de 1.600 arbres ont par ailleurs été plantés ces douze derniers mois, dont 130 arbres fruitiers. Deux forêts urbaines, ou microforêts, ont vu le jour, place Billaudel et au parc Bühler. Et quelque 182 arbres remarquables sont désormais protégés (contre 42 auparavant). « L’idée est surtout d’offrir une végétation diversifiée, comme ce que nous allons faire à Mériadeck, et de "faire avec", insiste Didier Jeanjean. Nous ne sommes pas là pour ramener de la végétation ornementale à grand renfort de terre qui arriverait par camions. Il faut planter avec les sols que nous avons. »

Nouveau parc à l’arrière de la base sous-marine

La ville a par ailleurs annoncé la création d’un nouveau parc, de trois à quatre hectares, à l’arrière de la base sous-marine, dans le quartier des Bassins à Flot. « C’est un projet qui se fera en partenariat avec le port de Bordeaux, dans le but d’offrir aux habitants un espace de détente et de rafraîchissement » explique l’adjoint.

La politique de la nouvelle municipalité verte, ne se résume toutefois pas aux plantations. « On n’est pas dans le quantitatif, ce qui en soi n’a pas vraiment de sens » insiste Didier Jeanjean.

Un dispositif d’arbre à algue dépolluant en expérimentation

L’idée est notamment d’anticiper les prochaines canicules. « Pour cela on fait un gros travail sur la brumisation : il faut proposer aux gens, dans tous les quartiers, des espaces où on peut se rafraîchir. Le miroir d’eau est un succès, mais il faut penser à l’ensemble des quartiers » poursuit l’adjoint à la nature. « Sur la pollution de l’air, nous allons tester une nouvelle méthode, les arbres à algues dépolluant. » Ce dispositif serait capable d’absorber autant de gaz carbonique qu’une centaine d’arbres, d’absorber les particules fines et les oxydes d’azote grâce à des microalgues. « On va expérimenter cette nouvelle méthode sur une école qui reste à identifier, pour en mesurer l’efficacité. »

La reconquête de la nature passe aussi « à une échelle plus haute sur toute la ville, avec la création d’une trame verte. » Ce projet de trame écologique, qui part de la Garonne et qui va remonter jusqu’au lac de Bordeaux en passant par l’arrière de la base sous-marine, avance. « Quand on aura fini tout ce travail, il faudra alors s’attaquer à la place Ravezies, d’ici à la fin de notre mandat » ajoute Didier Jeanjean.

Enfin, la ville entend développer l’aspect participatif, en poursuivant les permis de végétaliser aux habitants et commerçants, pour que les riverains puissent végétaliser leur pas-de-porte.