Répression contre l'alcool au guidon

Orianne Dupont

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Dix cyclistes contrôlés positifs à l'éthylotest et placés en cellule. Dans la nuit de jeudi à vendredi, ils ont été interpellés aux Chartrons et emmenés au commissariat. « J'ai justement pris mon vélo car je savais que j'allais boire », explique une Bordelaise qui rentrait d'une soirée et qui n'imaginait pas que cette affaire puisse aller aussi loin. Elle s'est retrouvée au sous-sol du commissariat, à être entendue, à devoir se déshabiller pour finalement être placée en cellule de dégrisement. « Quand on m'a proposé de prévenir quelqu'un, j'ai refusé car je ne pensais pas me retrouver en cellule pour la nuit », explique-t-elle, traumatisée par l'attitude qu'elle juge agressive des policiers. Elle a d'ailleurs adressé un courrier au directeur de la sécurité publique afin d'obtenir des explications.

« Ce qui est arrivé est conforme aux règles », commente David Book, commissaire principal à Bordeaux. La police reconnaît mener une opération ciblée. « En 2008, plus de 55 % des accidents corporels impliquent des deux-roues et sur les six premiers décès de l'année, cinq concernent des conducteurs de deux-roues », souligne David Book afin de justifier l'attention particulière portée aux deux-roues depuis début mars.

Depuis, 1 100 cyclomoteurs et vélos ont été verbalisés et 35 personnes - dont 15 cyclistes - ont été placées en garde à vue pour conduite en état d'ébriété. « On déplore un amalgame entre cyclistes et deux-roues motorisés, regrette David Féneron, le président de Vélocité. Les vélos sont beaucoup moins concernés par les accidents. Par ailleurs, ce n'est pas par ce biais que l'on va changer les comportements. » L'association estime qu'il vaudrait mieux adapter les équipements pour éviter les conduites à risque des cyclistes. ■