Bordeaux : L’ancienne voie ferrée du Médoc transformée en ligne verte pour piétons et vélos

AMENAGEMENT Bordeaux Métropole a inauguré mardi la ligne verte, un parcours de 3 km pour cyclistes et piétons, aménagé entre la place Ravezies et l’avenue de la Libération au Bouscat, sur une ancienne voie ferrée

Mickaël Bosredon
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La ligne verte a été aménagée sur une ancienne voie ferroviaire entre Le Bouscat et Bruges, qui part de la place Ravezies et va jusqu’à l’avenue de la Libération au Bouscat.
La ligne verte a été aménagée sur une ancienne voie ferroviaire entre Le Bouscat et Bruges, qui part de la place Ravezies et va jusqu’à l’avenue de la Libération au Bouscat. — Bordeaux Métropole
  • Cette ancienne voie ferrée permettait de relier la place Ravezies à la pointe de Grave au Verdon.
  • A la fermeture définitive de la ligne en 2012, un projet d’aménagement a été lancé sur cette emprise de la SNCF par la métropole.
  • Ce parcours de 3 km qui se déroule en partie le long de la ligne C du tramway vers Blanquefort, est désormais considéré comme une ligne structurante du schéma cyclable de la métropole.

C’est un projet « qui marie nature et mobilité », résume le président de Bordeaux Métropole, Alain Anziani. La ligne verte, qui reprend l’emprise d’une ancienne voie ferrée depuis la place Ravezies jusqu’à l’avenue de la Libération au Bouscat, en passant par Bruges, a officiellement été inaugurée mardi.

Aménagée depuis 2019, elle est toutefois entrée progressivement en service, et joggeurs ainsi que cyclistes se sont déjà approprié ce parcours de 3 km depuis des mois. « Le dimanche c’est les Champs-Elysées ici, avec tout le monde qui est en balade », souligne d’ailleurs le maire du Bouscat Patrick Bobet.

« Premier maillon entre les lignes C et D du tram »

L’idée d’aménager cette ligne, « a démarré quand cet espace s’est libéré [en 2012] par la clôture de la ligne Bordeaux-Le Verdon par la SNCF », rappelle Bernard Junca, ancien premier adjoint au Bouscat. La métropole présidée alors par Vincent Feltesse lance dans le même temps son projet 55.000 hectares pour la nature.

C’est maintenant « une bretelle très précieuse entre les boulevards et l’avenue de la Libération », assure Bernard Junca, que l’on peut relier en dix minutes à vélo, ainsi qu’un « premier maillon entre les lignes C et D du tram », complète Patrick Bobet. « Cette ligne est aujourd’hui considérée comme ligne structurante du schéma cyclable de la métropole, assure Elisabeth Fournier, cheffe du projet de la ligne verte et coordinatrice paysage et nature à la métropole, l’objectif étant désormais de faire rejoindre les lignes entre elles et de rejoindre les stations de tram. » D’autres projets de lignes vertes, comme la Brazzaligne rive droite, doivent d’ailleurs se concrétiser prochainement.

L’ancienne ligne Bordeaux Saint-Louis-Pointe de Grave

On s’y promène, on s’y déplace, mais on s’y amuse également, et on y apprend une foule d’anecdotes sur l’histoire et la biodiversité. « Avec le paysagiste Valéry Brandela, nous avons travaillé par séquences, raconte Elisabeth Fournier, et dans l’esprit de la gare nous avons créé sept aires de jeux que nous avons appelées stations. Nous voulions aussi faire de la pédagogie autour de la biodiversité tout le long du parcours, pour montrer que là on a du lièvre, là du chardonneret élégant… C’est une trame verte. »

Anciennement ligne du Médoc, elle a relié à partir de 1868 Bordeaux Saint-Louis à Macau, puis jusqu’au Verdon-Pointe de Grave à partir de 1902. « Mais pendant longtemps, il n’y avait pas de locomotive pour effectuer la dernière partie du trajet, et ce sont des chevaux qui tiraient les wagons », raconte Elisabeth Fournier. « Cette ligne desservait tout le Médoc pour acheminer d’abord du vin et des bestiaux, puis elle a servi les voyageurs. » En 1968 la gare de Saint-Louis est déplacée à Ravezies, et celle-ci est définitivement fermée en 2012 pour permettre le prolongement de la ligne C du tramway jusqu’à Blanquefort. Les trains allant jusqu’au Verdon empruntent, eux, la ligne de ceinture jusqu’à la gare Saint-Jean dorénavant.

Actes de Résistance

Cette ligne est aussi intimement liée à la Seconde Guerre mondiale. « Il y a eu ici des actes de résistance en 1943, avec un groupe qui a fait dérailler un convoi de l’armée allemande, à deux reprises », souligne Bernard Junca. « A l’issue de la guerre, complète Patrick Bobet, est né le mouvement des castors pour répondre au besoin de se loger, des gens se sont mis en collectif pour construire eux-mêmes leur maison. On a deux lotissements de ce type le long de la ligne. » « On a aussi des jardins familiaux, et nous expliquons la naissance de ce mouvement », ajoute Elisabeth Fournier.

Jardins familiaux le long de la ligne verte entre Le Bouscat et Bruges
Jardins familiaux le long de la ligne verte entre Le Bouscat et Bruges - Mickaël Bosredon/20Minutes

Et l’histoire est loin d’être terminée. Car depuis le début du projet est née l’idée de créer une nouvelle halte ferroviaire, à Sainte-Germaine au Bouscat, précisément là où débouche la ligne verte aujourd’hui. La halte devrait ouvrir en 2022. En reconnectant cette ligne à un réseau SNCF, la boucle sera pour ainsi dire bouclée.