Bordeaux : Le Matmut Atlantique bientôt sans exploitant ?

FOOTBALL Les négociations n’ont toujours pas commencé entre SBA et Gérard Lopez alors que la société gestionnaire du stade des Girondins pourrait mettre la clé sous la porte d’ici début 2022

Clément Carpentier
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Les tribunes vides du Matmut Atlantique lors du match contre Le Havre en Coupe de la Ligue.
Les tribunes vides du Matmut Atlantique lors du match contre Le Havre en Coupe de la Ligue. — FLBP
  • En grande difficulté financière, SBA, la société gestionnaire du Matmut Atlantique, pourrait déposer le bilan d’ici le début de l’année 2022.
  • Gérard Lopez, le nouveau propriétaire et président des Girondins de Bordeaux, s’est dit intéressé par une reprise de l’exploitation du stade. Mais pour l’instant, il n’y a toujours aucune négociation alors que le temps presse.
  • Bordeaux Métropole, copropriétaire de l’enceinte bordelaise, reste en retrait pour le moment même si elle a très gros à perdre dans cette affaire.

« On est toujours dans une situation de crise. » Chez SBA, on ne mâche pas ses mots au moment d’évoquer la situation du Matmut Atlantique. La société, gestionnaire de l’enceinte bordelaise, s’apprête en effet à vivre une fin d’année (très) mouvementée. Elle risque tout simplement de mettre la clé sous la porte d’ici le 31 décembre prochain. Le compte à rebours est lancé déjà depuis plusieurs et la date fatidique approche. Malgré cette situation, on rappelle tout de même qu’il « n’y a pas de risque de cessation de paiements à ce jour comme certains le laissent entendre » et que SBA « pourrait même assurer encore l’exploitation du stade au début de l’année 2022 ». Mais vraiment pas plus !

Comme les Girondins de Bordeaux il y a quelques mois, la Société Bordeaux Atlantique est d’une certaine manière en vente. Ses actionnaires, Fayat et Vinci, ont fini par dire stop alors que l’entreprise perd près de trois millions d’euros par an sur les dernières années. Depuis des mois, SBA cherche donc une solution en collaboration avec Bordeaux Métropole, copropriétaire de l’enceinte à travers un PPP (partenariat public-privé). Pour rappel, l’agglomération a encore plus à perdre dans cette histoire car si son partenaire venait à déposer le bilan dans les prochains mois, c’est elle qui se retrouverait avec le Matmut Atlantique sur les bras. Tout ça sans la redevance annuelle de 4,6 millions d’euros de SBA et avec une reprise du personnel. Elle n’aurait plus que le loyer versé par les Marine et Blanc (4,9 millions d’euros par an) pour rembourser son prêt de départ (100 millions d’euros).

Le « sauveur » Lopez se fait attendre

Alors qui peut-il sauver tout ce petit monde ? Une nouvelle fois, il faut se tourner vers le nouveau « zorro » local : Gérard Lopez ! Le propriétaire et président des Girondins de Bordeaux est l’option numéro 1 voire la seule option à ce jour. Et pour cause, il souhaite reprendre l’exploitation d’un stade qui aujourd’hui coûte beaucoup plus qu’il ne rapporte au club : « Nous entamerons des discussions sur la deuxième moitié de septembre. Il y a différentes possibilités, il y a l’exploitation, devenir actionnaire de la société d’exploitation ou carrément reprendre le stade. Nous avions déjà regardé ça à Lille », avait-il expliqué à la rentrée sur RMC.

Mais un mois plus tard, il n’y a pas vraiment eu d’avancées. « On a commencé à discuter mais les négociations à proprement parler n’ont pas encore débuté. Les échanges entre les deux équipes sont pour l’instant très bons. On espère pouvoir assez vite se mettre autour de la table », affirme un proche du dossier. Pour l’instant, les paroles n’ont pas été suivies d’actes de la part de Gérard Lopez. Un statu quo qui rend forcément un peu soucieux SBA. Du côté de Bordeaux Métropole, on reste jusqu’à présent sagement assis en tribune. Pas question de descendre trop sur le terrain, ou plutôt sur le ring.

La partie de poker-menteur ne fait que commencer

Il ne faut pas se mentir, les négociations s’annoncent très serrées. Entre un exploitant en situation très délicate, un Gérard Lopez en position de force sûrement prêt à négocier au rabais au dernier moment et une agglomération qui espère conserver son contrat très avantageux que les deux premiers voudront forcément le renégocier, on peut s’attendre à une vraie partie de poker-menteur. Tout cela en sachant que dans les couloirs de Bordeaux Métropole, certains aimeraient beaucoup voir l’Union Bordeaux-Bègles rejoindre le tour de table afin d’obtenir le retour du club de Laurent Marti au Matmut Atlantique pour quelques matchs. Le rêve étant de le voir même rentrer au capital lors de la reprise de la société d’exploitation du stade.

En attendant, il faudra déjà observer comment Gérard Lopez souhaite reprendre l’exploitation de l’enceinte. Comme l’expliquait 20 Minutes au moment du rachat du club en mai dernier, il y a plusieurs scénarios possibles même si deux tiennent la route. Celui où SBA céderait ses droits d’exploitation comme Aréma l’a fait pour Franck McCourt à l’OM moyennant finances ou celui plus intéressant pour tout le moment d’une entrée au capital de SBA du nouveau patron des Girondins voire un rachat pur et simple de la société. Avec la priorité absolue de rendre ce stade enfin rentable avec « un business plan autre que le foot qui tienne la route » afin de le « remplir avec d’autres événements » comme le rappelle l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois.