De nombreuses plaintes contre un mode de vie qui dérange

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La population rom de Bordeaux est estimée à 500 personnes, réparties dans différents squats de la CUB, à Bordeaux, Talence ou Gradignan. Il s'agit essentiellement de Bulgares, victimes de brimades dans leur pays. Mais là où ils s'installent, les Roms dérangent parfois. A Cenon, des riverains et des commerçants se sont plaints auprès de la mairie. « Nous sommes impuissants », regrette Thibaut de Taste, le directeur de cabinet du maire. « Ils occupent des bâtiments privés qui sont destinés à être démolis », explique-t-il. La mairie de Cenon a donc écrit au préfet, qui peut en effet leur proposer un retour volontaire. Les associations craignent que ce scénario ne se réalise très prochainement. « Il est question d'une expulsion collective, mais cela ne sert à rien. Ils prennent l'argent qu'on leur donne pour le retour et trois mois après, ils reviennent », rappelle Christophe Adam, responsable de la mission Roms à Médecins du monde. « Lorsque les autorités expulsent des Roms, c'est uniquement de la communication politique », ajoute-t-il. Car les Roms sont des Européens et donc libres de circuler au sein de l'espace Schengen. « Le vrai problème, c'est qu'ils ont un mode de vie à la marge, mais on ne sait pas les accueillir de manière digne », insiste le Dr Fabrice Guicheney, de Médecins du monde. ■S. L.