Bordeaux : « En 2035, le métro sera bordelais, c’est une évidence ! », estime l'opposition de droite

MOBILITES Loin de vouloir un grand chantier comme celui du métro, la majorité écologiste parie sur le RER métropolitain, un plan bus, le vélo et la marche

Elsa Provenzano
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Illustration d'un quai de tram bondé à Bordeaux.
Illustration d'un quai de tram bondé à Bordeaux. — VALINCO/SIPA
  • Le groupe de droite Métropole commune est opposé au schéma de mobilité présenté par la majorité, qui fait la part belle aux déplacements doux (bus, vélo, marche) et au RER métropolitain à Bordeaux.
  • Il propose de lancer une étude opérationnelle sur l’installation d’un métro sur l’agglomération.
  • La majorité de gauche trouve cette option d’un autre temps et décalée par rapport à la nécessité de progresser rapidement dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Le métro est le nouveau cheval de bataille de l'opposition​ de droite qui siège au sein du conseil de Bordeaux Métropole et il a occupé une partie des débats de la séance qui se tenait ce jeudi après-midi. « En 2035, le métro sera bordelais, c’est une évidence ! », a lancé Patrick Bobet, président de Métropole commune (divers droite). C’est aussi l’avis de Christophe Duprat (Métropole commune), et ancien vice-président chargé des transports, qui avertit « si on ne fait rien, on sera en difficulté en 2030 ».

Le schéma des mobilités présenté par la majorité met un coup de frein à deux des trois projets d’extension des lignes de tram, veut lancer un RER métropolitain, un réseau de bus express, de nouvelles voies cyclables et un plan marche. Parlant d’un plan « d’immobilité », le groupe Métropole Commune souhaite « une étude opérationnelle » sur la solution d’un métro. « Pourquoi toutes les métropoles de taille comparable à celle de Bordeaux font des métros et l’étendent ? », fait valoir Emmanuel Sallaberry, maire de Talence, un de ses membres. Son groupe s’inquiète de la fin de l’ère du tram sans qu’un projet structurant de transports en commun n’émerge. « Mais à Toulouse par exemple, ils ont fait ce choix il y a 25 ans, ici on l’a refusé, le squelette cela a été le tramway », s’agace Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux (EELV).

« Ne pas ressortir les vieilles lunes »

« Il faut inventer autre chose, a-t-il ajouté et ne pas ressortir de vieilles lunes, ne pas faire le tramway des maires qui ne donnent pas les résultats escomptés après les investissements très importants réalisés ». Pour lui, le schéma des mobilités est dicté par l’urgence du réchauffement climatique qui impose des solutions pratiques et rapides à mettre en place. L’argument basé sur l’augmentation démographique relève à son sens d’une « vision comptable », car il estime qu’il n’y aura pas forcément de plus en plus de voyageurs qui prendront les transports en commun pour aller vers la ville centre.

Autre argument celui de l’état du sous-sol bordelais « catastrophique », selon le maire. Rappelant les récents effondrements, il assure que la construction des lignes nécessiterait des confortements onéreux. Selon l’avis de techniciens qu’il aurait consulté la note pourrait même s’en trouver doublée passant de deux à quatre milliards. « Je n’ai pas envie de fragiliser encore la ville », conclut-il.