Festival ODP à Bordeaux : Un an après la crise sanitaire, « on repart de zéro », rappelle le directeur

INTERVIEW Alors que le festival ODP se tient jusqu’à dimanche près de Bordeaux, son directeur Sébastien Lussagnet revient sur cette nouvelle édition post-Covid qui rassemble IAM, Hoshi ou Véronique Sanson

Propos recueillis par Mickaël Bosredon
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Le festival ODP à Talence (Gironde)
Le festival ODP à Talence (Gironde) — ODP
  • Le festival ODP (Œuvre des Pupilles des Sapeurs-Pompiers) s'ouvre ce jeudi soir sur le site du parc Peixotto à Talence, dans la banlieue de Bordeaux, et dure jusqu’à dimanche soir.
  • Dans un contexte de crise sanitaire et économique, et après avoir été annulé en 2020, le festival a réussi à monter une programmation de haut vol.
  • Créé en 2015, l’événement a déjà permis de reverser presque 100.000 euros aux orphelins des sapeurs-pompiers, explique le directeur du festival Sébastien Lussagnet.

C’est devenu depuis 2015 un rendez-vous culturel très attendu de la rentrée de septembre à Bordeaux. Après avoir été annulé en 2020, le festival ODP (Œuvre des pupilles des sapeurs-pompiers) a réussi à monter une édition 2021 de haut vol, avec notamment Catherine Ringer, Gaëtan Roussel et Camélia Jordana vendredi, IAM, Boulevard des airs samedi, et Véronique Sanson, Hoshi et Suzane dimanche (programme complet sur festival-odp.com). Une soirée gratuite est par ailleurs organisée dès ce jeudi soir. Le rendez-vous devrait attirer entre 5.000 et 8.000 spectateurs par soir, sur le site du parc Peixotto à Talence. 20 Minutes a interrogé Sébastien Lussagnet, directeur du festival.

Comment se sont déroulés les derniers mois, après l’annulation de l’édition 2020 ?

Cela a été très compliqué, car du fait de notre structure, nous avons été écartés des fonds d'aide d'urgence. On ne rentrait jamais dans les cases. L’annulation de l’édition 2020 a représenté un coût de 90.000 euros, mais heureusement plusieurs institutions ont maintenu leurs subventions ce qui nous a permis de passer ce cap. Mais la question était de savoir si on repartait ou pas ? Et dans quelles conditions ? Là, on repart de zéro quand même.

Mais finalement, l’édition 2021 arrive à un très bon moment, non ?

On a de la chance, on est dans une bonne fenêtre et tous les voyants sont au vert pour notre organisation. Beaucoup de gens sont désormais en possession du pass sanitaire, ce qui n’était pas le cas pour les festivals qui se sont tenus cet été.

Comment s’est passée la programmation des artistes ?

Cela n’a pas été simple, notamment parce que cette année il y a beaucoup moins d’artistes sur la route. Par rapport à cette situation, on ne pouvait pas faire mieux que ce que l’on propose ce week-end, car l’affiche est très qualitative.

Revenons sur votre association et l’origine du festival. Comment cette aventure a-t-elle démarré ?

Tout a commencé par un raid sportif au profit du téléthon, que j’ai organisé avec un petit groupe de pompiers. On a fait Toulouse-Bordeaux en kayak et on a récolté des fonds auprès des communes que l’on traversait. Puis nous avons rajouté de la musique à notre projet en commençant à organiser des concerts dans certaines villes, et enfin, nous avons voulu faire quelque chose de plus gros, chez nous à Bordeaux, et au profit d’une cause qui nous touche, nous les pompiers, l’œuvre des pupilles orphelins des sapeurs-pompiers de France. C’est comme cela que le festival est né en 2015.

C’est même devenu une belle machine…

Oui, même si nous souhaitons que ce festival reste à taille humaine, c’est pourquoi ce site de Talence nous convient parfaitement. C’est un festival familial.

Quelle somme est reversée à l’œuvre des pupilles des sapeurs-pompiers ?

C’est deux euros par billet et ensuite il y a les bénéfices faits par les bars et les boutiques sur place. Aujourd’hui on en est à quasiment 100.000 euros reversés depuis notre création. Mais au départ, notre idée était surtout de faire connaître cette œuvre qui était très peu connue du grand public. Je pense que c’est réussi.