Bordeaux : Que sait-on sur la mise en œuvre d’une zone à faible émission (ZFE) sur la métropole ?

VEHICULES POLLUANTS Le « calendrier de travail » de la majorité de Pierre Hurmic (EELV) permettrait une mise en œuvre d’une ZFE sur l’intrarocade, fin 2022

Elsa Provenzano
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Bordeaux, 10 juillet 2011. - Rocade de Bordeaux.- Photo : Sebastien Ortola
Bordeaux, 10 juillet 2011. - Rocade de Bordeaux.- Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES
  • Une zone de faible émission est envisagée su le périmètre de l’intrarocade d’ici fin 2022.
  • Mais les contours de cette ZFE vont faire l’objet d’une concertation, qui doit démarrer avant la fin de l’année.
  • Un dispositif d’aides locales pourrait compléter celui qui existe au niveau national, pour accompagner les ménages les plus modestes.

Le projet de loi Climat-Résilience rend obligatoire la création d’une zone de faible émission (ZFE) pour toutes les agglomérations de plus de 150.000 habitants au plus tard au 31 décembre 2024. La majorité écologiste bordelaise veut prendre les devants pour instaurer cette restriction de circulation de certains véhicules polluants (en fonction de leur année de mise en service et de leur motorisation), mettant en avant un enjeu sanitaire de taille. Sur la métropole bordelaise, on estime, par an, à 600 morts et 300 millions d’euros de frais de santé, générés par la pollution de l’air. Alors que la métropole lyonnaise se dirige vers un renforcement de sa ZFE, à Bordeaux beaucoup de critères sont encore à définir.

Quels contours pour cette ZFE ?

« Notre souhait est de faire en sorte de mettre en ZFE toute l’intra rocade ce qui représente 14 maires concernés », avait précisé lors de sa conférence de rentrée le maire de Bordeaux Pierre Hurmic. Sa première adjointe Claudine Bichet, en charge du dossier, précise qu’une étude portant sur l’intra rocade s’intéresse au nombre de véhicules qui seraient concernés et à définir l’amélioration de la qualité de l’air qui en résulterait, mais « cela pourrait être un périmètre amené à évoluer en fonction de la concertation ». Actuellement, lors de pics de pollution, certains véhicules doivent rester au garage. Il s’agit de passer à une interdiction systématique, mais peut-être à certains horaires seulement. « Les plages horaires, les conditions d’exemption [dérogations pour certains véhicules] et les limites géographiques sont à définir pendant la concertation », pointe la première adjointe.

Quelle concertation ?

La concertation des habitants commencera avant la fin de l’année. « Rien n’est arrêté, rien n’est décidé à date », insiste la première adjointe. Dans le processus de consultation, le comité de la rue va permettre aux acteurs d’échanger, dont le club des automobilistes du Sud-Ouest. « On aimerait que ce ne soit pas une exclusion de véhicules appartenant à aux plus pauvres », avance François Halary, directeur du club. Il souhaite aussi des exceptions pour les véhicules de collection et les personnes âgées qui ont des difficultés à se déplacer, afin qu’elles puissent accéder au centre-ville de Bordeaux en voiture.

« Toutes les métropoles [qui ont défini une ZFE] ont un calendrier de mise en œuvre graduelle, note Claudine Bichet. C’est possible qu’on fasse pareil, cela permet aux gens d’avoir le temps de s’adapter. » Selon l’élue, la mesure est la suite logique du schéma des mobilités de la métropole, qui diminue la place de la voiture en ville.

Comment aider les automobilistes avec de petits moyens ?

« Le risque d’une ZFE c’est d’être un outil d’injustice sociale », avait prévenu le maire de Bordeaux lors de sa conférence de rentrée. L’Etat a prévu des dispositifs d’aides pour les plus modestes et des prêts à taux zéro, mais cela risque d’être insuffisant. « A l’échelle locale on va se doter des moyens d’accompagner les ménages les plus modestes pour lesquels l’usage de la voiture reste incontournable », promet la première adjointe.