Pessac : Caméras, centre de supervision, pistolets semi-automatiques… L’arsenal de la police municipale se renforce

SECURITE Le maire de cette ville de 60.000 habitants dans la banlieue de Bordeaux vient d’équiper sa police municipale d’un centre de supervision urbain (CSU) qui va permettre de suivre les images des caméras de vidéoprotection en direct sept jours sur sept

Mickaël Bosredon
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Le Centre de supervision urbain (CSU) de la ville de Pessac
Le Centre de supervision urbain (CSU) de la ville de Pessac — Mickaël Bosredon/20Minutes
  • Le Centre de supervision urbain va accompagner la montée en puissance des caméras de vidéoprotection qui vont passer de 31 actuellement à 45 à la fin de l’année.
  • Les effectifs de police municipale doivent aussi atteindre les 45 agents d’ici à la fin de la mandature.
  • Les policiers seront par ailleurs équipés d’armes létales semi-automatiques dans les prochaines semaines.

Il n’y a pas « de hausse particulière de la délinquance à Pessac », assure-t-on du côté de la municipalité. Mais les événements de violence urbaine qui ont éclaté la nuit du 31 décembre dernier dans le quartier de la Châtaigneraie ont marqué les esprits.

« Nous sommes tombés ce soir-là face à des individus qui voulaient réellement en découdre, se rappelle Serge Helaudais, directeur de la sécurité, de la sûreté et de la prévention à la ville de Pessac. Ils se sont attaqués à l’intégrité physique des policiers, nationaux et municipaux, puisqu’un véhicule avait notamment été incendié avec trois agents à l’intérieur… » Les policiers avaient réussi à fuir et il n’y avait pas eu de blessé.

Bien sûr, ce n’est pas cet événement seul qui a convaincu le maire Franck Raynal (divers droite) de cette ville de 60.000 habitants dans la banlieue de Bordeaux (Gironde), d’accélérer dans les investissements en matière de sécurité. Mais un peu plus de six mois après cette flambée, il a inauguré ce mercredi tour à tour un nouveau poste de police municipale dans le centre de la ville, et surtout un centre de supervision urbain (CSU) qui va permettre de faire un bond en matière de vidéoprotection.

« Nous espérons ainsi faire plus de flagrant délit »

Pessac était déjà dotée à ce jour de 31 caméras de vidéoprotection réparties dans la ville. « Mais on ne pouvait visionner les faits qu’a posteriori, explique Serge Helaudais. Le CSU, qui fonctionnera à partir de lundi de 8h30 à 1 h du matin, permettra de suivre les caméras en direct, et les trois agents derrière les écrans seront en lien radio avec les agents du terrain. Nous allons donc pouvoir suivre des individus en cas de signalement, et nous espérons ainsi faire plus de flagrant délit. Nous aurons par ailleurs beaucoup plus de réquisitions de la police nationale, ce qui est normal. » Responsable de ce CSU, Julie Le Ster précise que « nous pourrons ainsi diriger et informer nos collègues sur le terrain en fonction de la situation. »

De 31 caméras, la ville de Pessac espère passer à 45 d’ici la fin de l’année, dont des caméras dômes, équipées de quatre caméras fixes et d’une autre qui pivote à 360° et permet des zooms impressionnants. « Mais attention, il nous est formellement interdit de filmer à l’intérieur des bâtiments, qui sont grisés ou floutés quand la caméra passe devant, insiste Serge Helaudais. Nous ne pouvons filmer que l’espace public. » Les enregistrements sont conservés pendant quinze jours, sauf si un officier de police judiciaire est réquisitionné pour venir en récupérer un, dans le cadre d’une enquête.

Mise en place de la vidéoverbalisation

La ville de Pessac va par ailleurs profiter de ce nouvel équipement pour mettre en place la vidéoverbalisation (verbalisation à distance) annonce le maire Franck Raynal. « Cela va nous permettre de repérer les comportements routiers dangereux et contrevenants, et de les sanctionner. » Certaines caméras sont spécifiquement utilisées pour la lecture des plaques d’immatriculation.

Sur le terrain, la situation évolue aussi pour la police municipale. Aujourd’hui équipés de caméras piétons et de pistolets à impulsion électrique (PIE), les 31 policiers municipaux verront leur arsenal renforcé d’ici quelques semaines par des pistolets semi-automatiques pour chacun d’entre eux. « Les formations sont en cours » indique Franck Raynal.

La police municipale « est devenue primo-arrivante dans beaucoup de situations »

« Il y avait une demande depuis plusieurs années, explique Serge Helaudais, car la police municipale qui opère jusqu’à 1 heure du matin est devenue primo-arrivante dans beaucoup de situations, ce qui nous expose davantage ». « Tout notre armement ne sera évidemment utilisé qu’en cas de légitime défense, précise Richard Maffre chef de la police municipale, mais selon le type de menace que l’on a en face de nous, il nous faut un armement en corrélation ».

Que ces annonces et ces inaugurations, surviennent au lendemain du Beauvau de la sécurité, est un « pur hasard du calendrier » assure le maire de la ville. « Mais cela montre notre préoccupation de la sécurité du quotidien. »

Le minibus du centre social de la Châtaigneraie incendié en début de semaine

Elu pour la première fois en 2014, Franck Raynal rappelle qu’il a fait passer les effectifs de police municipale « de huit agents à l’époque, à 31 aujourd’hui et 45 d’ici la fin de la mandature », et qu’il a installé les toutes premières caméras de sécurité dans la ville « en 2015. »

Bref, la préoccupation ne remonte pas au 31 décembre dernier. « La situation dans nos quartiers ne s’est pas particulièrement dégradée, assure-t-il d’ailleurs, mais il faut rester attentif car les points de deal et les regroupements n’ont pas cessé. Il y a deux jours le minibus du centre social de la Châtaigneraie a été incendié. C’est pourquoi j’avais annoncé que je doterai le quartier Châtaigneraie-Arago d’une brigade d’îlotiers spécifiques, qui va entrer en œuvre dans les semaines qui viennent. »

Un poste de police municipale devrait par ailleurs être inauguré dans ce quartier d’ici la fin de l’année, ou début 2022 au plus tard.