Bordeaux : « Nous voulons un partage plus équitable de nos rues, qui sont trop souvent devenues des routes », lance le maire

MOBILITES Pierre Hurmic a présenté ce mercredi les mesures pour limiter l’usage de la voiture individuelle et développer le vélo et la marche

Elsa Provenzano
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Une zone 30 km/h à Bordeaux
Une zone 30 km/h à Bordeaux — M.Bosredon/20Minutes
  • Le maire de Bordeaux a annoncé un plan d’action ce mercredi pour lutter contre la pollution de l’air et promouvoir des alternatives à l’usage de la voiture individuelle.
  • La vitesse est abaissée à 30 km/h dans 90 % des rues de la ville dès janvier 2022 et le secteur piétonnier augmentera de 40 % environ, à partir de 2023.
  • Des aménagements cyclistes et piétons sont prévus pour inciter les Bordelais à changer leurs habitudes de déplacements.

Ce mercredi, la majorité de Pierre Humic (EELV) a présenté un plan d’action pour mettre un sérieux coup de frein à l’usage de la voiture en ville et promouvoir les alternatives, comme le vélo et la marche. Elle met en avant qu’on estime que la pollution de l’air est responsable de 600 morts par an, sur Bordeaux métropole. Des annonces qui augurent des changements d’habitudes pour se déplacer à Bordeaux.

On lève le pied presque partout

La limitation à 30 km/h deviendra la règle sur Bordeaux sauf sur quelques axes qui resteront à 50 km/h, comme les quais, les boulevards et quelques pénétrantes. Aujourd’hui 37 % des rues sont limitées à 30 km/h et ce sera à 90 % en intra et extra-boulevards, à partir de janvier 2022. « Rouler doucement ne fait pas perdre de temps, souligne le maire. Actuellement, la vitesse moyenne est de 14 km/h en voiture à Bordeaux contre 15 km/h en moyenne à vélo. » Des priorités à droite systématiques et des suppressions feux vont aussi intervenir car on sait qu’elles incitent les automobilistes à abaisser leur vitesse. « Nous voulons un partage plus équitable de nos rues qui sont trop souvent devenues des routes », ajoute Pierre Hurmic.

Au-delà de la lutte contre la pollution de l’air, il met en avant que les études montrent une baisse attendue de -10 % à -40 % des accidents graves et que les nuisances sonores seraient divisées par deux. « On est conscients qu’un certain nombre de nos concitoyens auront toujours besoin de la voiture pour se déplacer, mais nous nous adressons à ceux qui peuvent s’en passer, C’est un impératif civique, a expliqué le maire. Sur la métropole, 30 % des déplacements de moins de deux kilomètres se font en voiture et en centre-ville, un déplacement sur deux fait moins de deux kilomètres, il y a donc des marges de progression évidentes. » Pour ceux qui n’ont pas le choix et doivent prendre leur voiture, il met en avant la nécessité qu’ils circulent mieux.

Ce plan d’action 2020-2026 sera discuté avec les habitants, notamment pendant conseils de quartier. Une enquête est aussi en cours pour l’extension du stationnement payant aux dernières zones encore gratuites.

Les piétons à la conquête de la ville

La zone piétonne va passer de 40 à 65 hectares d’ici 2023 pour la zone piétonne pour devenir « l’un des plus grands centres piétonniers de France », assure Didier Jeanjean, adjoint au maire chargé des quartiers apaisés. Il insiste sur la volonté d’éviter « la circulation de transit ». Le maire a souligné qu’il aurait été facile de ne traiter que l’hypercentre mais qu’au contraire le plan prévoit que tous les quartiers soient concernés, précisant que la majorité des quartiers bordelais est située à moins de quatre kilomètres de Pey-Berland. « La ville marchable n’est pas une ville sans aucune voiture mais qui n’est plus dessinée pour la seule voiture et par la voiture et qui privilégie les modes doux de déplacements », précise-t-il. Par exemple, une expérimentation va être lancée sur le marché des Chartrons et la rue Notre Dame, avec une concertation auprès des habitants et des commerçants.

Des pistes sécurisées pour rassurer les cyclistes

La majorité annonce que 35 kilomètres de couloirs bus vélo seront réalisés d’ici la fin du mandat, sur la base du succès de l’aménagement sur les boulevards.« Le nombre de cycliste a été multiplié par deux et le temps de la liane 9 (qui emprunte les boulevards) a baissé », fait valoir le maire de Bordeaux. Avec 14 kilomètres de pistes cyclables réalisées en un an, l’idée est d’aller plus loin en levant les discontinuités qui existent pour proposer des itinéraires complets sécurisés, par exemple du pont Chaban-Delmas à l’Aréna. Pour permettre un meilleur partage de la voirie et des trottoirs, la ville va aussi proposer 300 places de stationnement (obligatoires), contre 100 aujourd'hui, pour les opérateurs de free floating (vélos et scooters en libre-service) dont les engins sont souvent garés un peu n’importe où.