Bordeaux : La « dégradation » d’une statue d’esclave était en fait un moulage effectué par un étudiant en art

SANS GENE L’étudiant en art qui a effectué ce moulage lundi matin sans autorisation « a fait savoir qu’aucune motivation raciste n’avait dicté cette action »

Mickaël Bosredon
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Quai des Chartrons, statue de Modeste Testas née Al Pouessi, esclave à Bordeaux aux 18e et 19e siècles.
Quai des Chartrons, statue de Modeste Testas née Al Pouessi, esclave à Bordeaux aux 18e et 19e siècles. — Mickaël Bosredon/20 Minutes

L’intention « raciste » avait très rapidement été évoquée. L’acte de dégradation de la statue de Modeste Testas, lundi sur les quais de Bordeaux, « s’est révélé être un moulage effectué par un étudiant en art, sans aucune autorisation préalable de la ville » indique ce mardi la municipalité dans un communiqué.

Cette statue d’une esclave africaine du XVIIIe siècle, avait été retrouvée lundi matin recouverte de peinture blanche, acte qui a été quasiment unaninement condamné.

« Initiative isolée et pour le moins malheureuse »

« L’étudiant a fait savoir qu’aucune motivation raciste n’avait dicté cette action » poursuit la ville de Bordeaux. « Pour autant, on ne saurait accepter et cautionner cette initiative isolée et pour le moins malheureuse qui a heurté nombre d’observateurs attachés à la mémoire que représente cette statue. »

La ville « réaffirme à cette occasion le caractère inviolable des monuments et œuvres d’art présents sur l’espace public et le strict respect qui leur est dû, en particulier ceux honorant la mémoire de victimes de crimes contre l’humanité. » La plainte déposée lundi a été retirée.

Directeur de l’association Mémoires et partages, Karfa Diallo qui s’était aussi ému de cette dégradation, relevait lundi que « des gens se permettent régulièrement des familiarités avec cette statue ». Il réclame une « sanctuarisation » de cette œuvre d’art, installée sur le quai Louis XVIII.