Bordeaux : L'avenir des transports passera par le RER métropolitain, les bus et vélos express et la marche

PROJET Bordeaux Métropole a présenté ce vendredi son schéma des mobilités qui doit permettre d'absorber les 600.000 à 700.000 voyageurs quotidiens supplémentaires attendus d'ici à 2030

Mickaël Bosredon
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Vélo devant un tramway place de la Comédie à Bordeaux
Vélo devant un tramway place de la Comédie à Bordeaux — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Bordeaux Métropole met un coup d’arrêt aux prolongements de lignes de tram, pas assez rentables.
  • L'agglomération va lui préférer un réseau de bus express de 102 km et 250 km de pistes cyclables.
  • Le RER métropolitain est confirmé pour tenter de limiter les déplacements en voiture, notamment hors métropole.

Le président de Bordeaux Métropole Alain Anziani a livré un joli numéro d’équilibriste ce vendredi à l’occasion de la présentation du schéma des mobilités pour les dix ans à venir. Car il lui a fallu expliquer que « non, nous n’avons pas de religion anti-tram » tout en confirmant un enterrement de première classe aux deux projets d’extension de lignes de tramway vers Gradignan et Parempuyre. Seul le projet vers Saint-Médard-en-Jalles respire encore, mais ses jours semblent comptés. Si le réseau de tramway reste « performant » aux dires des élus de la majorité, fini, donc, les prolongements de lignes, jugées pas assez rentables et génératrices de panne, place au RER métropolitain, aux réseaux de bus et de vélo express mais aussi à la marche.

Le réseau de bus express [que la métropole ne veut plus appeler bus à haut niveau de service] sera constitué de « 104 km de lignes express de bus » d’ici à 2030, « dont trois lignes circulaires : une sur les boulevards, une ligne entre boulevards et rocade sur l’itinéraire de l’actuelle Corol 35 et une ligne extra-rocade » a annoncé le vice-président aux mobilités Clément Rossignol-Puech. « Elles seront complétées par quatre lignes radiales, dont Bordeaux-Saint-Aubin-de-Médoc en 2024, ou presqu’île-Campus pour 2025. » Toutes ces lignes « ne seront pas à 100 % site propre », a prévenu l’élu.

Projet de lignes de bus express de Bordeaux Métropole
Projet de lignes de bus express de Bordeaux Métropole - Bordeaux Métropole

150 millions d’euros pour le Réseau express de vélo

« Nous allons aussi doubler le nombre de couloirs bus, en passant de 80 km à 160 km, poursuit-il. Et il y aura par ailleurs la création de huit lignes de cars express pour relier l’extra-métropolitain et réussir ainsi à faire sortir de l’autosolisme [personne seule en voiture]. » Un réseau express de vélo de 250 km « avec de larges pistes cyclables et du stationnement sécurisé » sera également créé. Le budget est de l’ordre de 150 millions d’euros.

Parallèlement, Alain Anziani a annoncé le lancement d’un vaste « plan marche ». L’idée est de créer des zones marchables grâce à des aménagements de voirie et de « désencombrer les trottoirs. » L'ensemble de ces mesures qui concernent uniquement la métropole doivent permettre « de supprimer 10 % du flux de véhicules sur la voirie. »

« Un pass navigo pour l’ensemble de la métropole »

Vient se rajouter le RER métropolitain, qui va bien au-delà de la métropole, avec une partie circulaire et trois branches (Libourne-Arcachon, Saint-Mariens-Langon, Bordeaux-Macau). « Si ça marche, c’est une vraie révolution, annonce Alain Anziani, parce que cela réduit de façon considérable les temps de trajet. Il faudrait quatorze minutes pour aller de Cenon à Pessac contre trente minutes voire une heure en voiture et cinquante-trois minutes en transport en commun actuellement. Mais pour cela il faudra une fréquence suffisante, de l’ordre d’un train toutes les quinze minutes. Et il y a la question tarifaire. Je veux un titre unique de transport, une sorte de pass navigo pour l’ensemble de la métropole. »

projet du RER métropolitain de Bordeaux Métropole
projet du RER métropolitain de Bordeaux Métropole - Bordeaux Métropole

Au terme du RER Métropolitain (prévu à l’horizon 2028), un potentiel de 55.000 voyageurs par jour est envisagé (soit + 73 % vis-à-vis de la situation actuelle) ce qui permettrait d’économiser 117.000 km parcourus en voiture chaque jour, selon une étude de la métropole. Sept parking-relais supplémentaires sont par ailleurs prévus aux portes de l'agglomération bordelaise, pour permettre d’y laisser sa voiture et emprunter les transports en commun.

Non au métro

Les objectifs « sont d’arriver, niveau part modale, à 32 % des déplacements de la métropole réalisés par la marche, 17 % par les transports en commun, 18 % par le vélo et 33 % par la voiture (contre 50 % actuellement) », espère Clément Rossignol-Puech. Et ceci permettrait selon la métropole d’absorber les 600.000 à 700.000 déplacements quotidiens supplémentaires attendus d’ici à 2030. Quant au métro, qu’une association tente de relancer depuis trois ans, c’est non. « Le métro, c’est un milliard d’euros, estime Alain Anziani [deux milliards selon l’association]. Je crois plus au RER métropolitain qu’au métro. »

L'ensemble du projet est chiffré à 3,3 milliards d’euros. « Nous allons ainsi doubler les crédits pour la mobilité » a insisté Alain Anziani, soucieux de montrer que même sans tramway ni métro, il ne s'agit pas là d'un plan au rabais.