Coronavirus à Bordeaux : « 2022 va être la sortie du tunnel », affirme le professeur Denis Malvy

EPIDEMIE L’infectiologue insiste sur la nécessité de poursuivre les efforts en matière de vaccination, tout en conservant les gestes barrières

Elsa Provenzano
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Illustration dépistage et vaccination , Covid-19 au CHU de Bordeaux
Illustration dépistage et vaccination , Covid-19 au CHU de Bordeaux — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Cet été, la quatrième vague a mis à rude épreuve le CHU de Bordeaux, puisqu’une hausse des hospitalisations Covid a eu lieu pendant cette période de congés.
  • Depuis la rentrée, les indicateurs s’améliorent et la fin de la quatrième vague est proche.
  • L’infectiologue Denis Malvy rappelle néanmoins que pour sortir de l’épidémie, les efforts doivent se poursuivre sur les vaccinations, les gestes barrières, et la stratégie de dépistage et d’isolement des personnes testées positives.

La période estivale a été rude pour le CHU de Bordeaux. « Il y a eu une hausse constante des hospitalisations Covid-19 pendant l’été produisant de très grosses difficultés dans l’ensemble de nos services parce qu’évidemment la période juillet-août est celle où tout le monde part en congés, où il y a des lits fermés dans tous les établissements de santé, au CHU comme dans les autres structures », a rappelé ce mercredi Yann Bubien, le directeur général du CHU de Bordeaux, à l’occasion de la conférence de rentrée de l’établissement. L’Agence régionale de santé a déclenché le plan blanc le 10 août pour mobiliser des moyens supplémentaires. Des déprogrammations d’opérations dites « non urgentes » ont dû avoir lieu et elles commencent à être reprogrammées cette semaine.

En ce début septembre, la situation sanitaire s’est bien améliorée avec « une diminution très nette du taux d’incidence à 137 pour 100.000 habitants et un taux de positivité en baisse pour la cinquième semaine consécutive : 2,2 % contre 2,6 % la semaine précédente », pointe le directeur général. Les hospitalisations se sont stabilisées à 60 patients Covid, dont 31 en réanimation. « Il y a toujours un effet retard par rapport au taux d’incidence, puisqu’on accueille des patients dans un état plutôt grave, qui arrivent plus tard et sortent donc plus tard », observe-t-il.

Les chiffres de la vaccination en Gironde salués

Les personnes hospitalisées n’étaient « soit pas vaccinées du tout, soit n’avaient reçu qu’une dose et n’étaient donc absolument pas protégées, ajoute le professeur Denis Malvy, infectiologue et membre du conseil scientifique. Nos équipes ont tenu le choc cet été avec beaucoup de compétence, d’engagement et d’empathie malgré les affres de la gestion des ressources humaines ».

En Gironde, les chiffres de la vaccination sont salués par l’infectiologue : 80 % de vaccinés chez les 18-59 ans, 70 % chez les 12-18 an et 90 à 95 % des plus de 65 ans. S’il souligne que cette mobilisation, notamment des plus jeunes, a permis d’accélérer la fin de la quatrième vague, il estime aussi qu’à eux seuls, ces progrès en matière de vaccination ne signent pas la sortie de l’épidémie. « La sortie du tunnel n’est pas très loin désormais, il faut serrer les rangs, bien accompagner la vaccination, conserver les mesures barrières, et tester, isoler, tracer », souligne l’infectiologue.

Il évoque qu’un rappel pour l’ensemble de la population avec un vaccin un peu différent est envisagé et qu’avant la fin de l’année, les résultats d’essais médicamenteux, dont le CHU est partenaire, vont être disponibles. Ce serait une offre de traitement après un test positif, qui pourrait être réalisé à domicile. « Il y a tout un élan qui fait que 2022 va être la sortie du tunnel et qu’il faut qu’elle se réalise le mieux possible ».

A partir de ce jeudi, 4.000 élèves de plus de 12 ans issus de 27 établissements de Bordeaux et Pessac vont être vaccinés au CHU de Bordeaux.