Bordeaux : Bientôt 2.000 petits-déjeuners gratuits servis le matin, dans 9 écoles de la ville

PLAN PAUVRETE L’idée est de cibler des enfants qui ne mangent pas le matin pour des raisons économiques

Elsa Provenzano
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Une fillette prend son petit-déjeuner (illustration).
Une fillette prend son petit-déjeuner (illustration). — GILE MICHEL/SIPA
  • A la rentrée des vacances de la Toussaint, un dispositif de petits-déjeuners gratuits va être mis en place dans neuf écoles de la ville de Bordeaux.
  • Inclus dans le plan pauvreté du gouvernement, il doit permettre aux enfants qui ne mangent pas le matin chez eux de prendre un en-cas équilibré.
  • Il est mis en place hors temps scolaire et accompagné par les agents municipaux qui travaillent dans les écoles.

Objectif : qu’aucun enfant ne commence sa journée de classe le ventre vide. A la rentrée 2019, des petits-déjeuners gratuits avaient été proposés dans deux écoles tests à la Benauge et au Grand Parc, dans le cadre du plan pauvreté présenté par le gouvernement. Le bilan tiré par l’ancienne majorité de cette expérimentation était en demi-teinte, puisque les 300 petits-déjeuners n’avaient pas tous trouvé preneurs. En modifiant l’organisation, le dispositif va être élargi bientôt à 2.000 petits-déjeuners potentiels sur neuf écoles prioritaires de Bordeaux, selon le souhait de l’éducation nationale.

Les premiers repas à base de pain, produits laitiers et fruits de saison seront livrés par la cuisine centrale (SIVU), après les vacances de la Toussaint. Ce sont les agents municipaux qui organiseront l’accueil des enfants repérés par l’équipe éducative de 8h20 à 8h40 en maternelle, et de 8h20 et 8h30 pour l’élémentaire.

Une mise en œuvre délicate

Le dispositif va exiger une certaine délicatesse dans sa mise en œuvre. « On s’est demandé comment ne pas stigmatiser certaines familles et comment éviter aussi que certains enfants ne mangent pas deux fois », pointe Sylvie Schmitt, l’adjointe chargée de l’éducation. Un travail collaboratif entre enseignants, agents et plus spécifiquement ceux qui sont responsables de sites a été mené pour organiser ces petits-déjeuners hors temps scolaire. La majorité municipale y voit l’occasion de développer sa politique du « bien-manger » en faisant intervenir des diététiciennes dans chaque école pour des actions de sensibilisation.

Pour les élèves de maternelle, un coin « petit-déj » sera installé dans leur salle de classe et les élèves d’élémentaire seront invités par les agents « qui connaissent bien les enfants et échangent avec les enseignants » à se rendre dans un lieu dédié, souligne l’adjointe à l’éducation. « Il faut que les enfants arrivent avant, c’est l’écueil que j’y vois, comme le dispositif étendu par l’Etat se fait forcément hors temps scolaire », ajoute-t-elle. Les retardataires n’auront donc pas la possibilité de casser la graine avant le début des cours.

La délibération concernant ce dispositif, financé par l’Etat à hauteur de 287.000 euros pour l’année, sera votée en conseil municipal en octobre.