Bordeaux : Débuts houleux pour le procès de « Mouf », présenté comme l'un des barons français de la drogue

JUSTICE Sa défense estime qu'il a été transféré en France en « dehors de toute procédure d'extradition »

20 Minutes avec AFP
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Le tribunal de Bordeaux, en février 2020.
Le tribunal de Bordeaux, en février 2020. —
  • Le Franco-Algérien de 41 ans est poursuivi pour une dizaine de go-fasts et l’importation depuis le Maroc de centaines de kilos de résine de cannabis en 2011 et 2012.
  • Il a été condamné en 2015 en son absence à 20 ans de prison et un million d’euros d’amende.
  • Il a été interpellé en mars à Dubaï avant d’être transféré et incarcéré en France en mai. Des faits et une extradition qu’il conteste.

L’audience a commencé ce mercredi sous tension. Le procès de Moufide Bouchibi, présenté comme l’un des plus gros trafiquants de drogue français, s’est ouvert à Bordeaux dans un climat houleux, après dix ans de  cavale et sa chute à Dubaï en mars.

Surnommé « Mouf », le Franco-Algérien de 41 ans est poursuivi pour une dizaine de go-fasts et l’importation depuis le Maroc de centaines de kilos de résine de cannabis en 2011 et 2012. L’homme est jugé jusqu’à jeudi pour la deuxième fois pour ces faits par le tribunal correctionnel qui l’avait condamné en 2015 en son absence à 20 ans de prison et un million d’euros d’amende. Après dix ans de cavale, il avait été interpellé en mars à Dubaï avant d’être transféré et incarcéré en France en mai. Des faits et une extradition qu’il conteste.

Une « extradition déguisée » ?

Ses avocats dénoncent « un véritable scandale » et « une faillite totale » de la justice, « il est séquestré », s’indigne l’un de ses défenseurs Me Thomas Bidnic. « Ce procès est tout simplement impossible, il ne peut pas avoir lieu », a-t-il déclaré devant la presse. Pour l’avocat, l’homme a été victime d’une « extradition déguisée » pour avoir été transféré en France en « dehors de toute procédure d’extradition », alors qu’une convention franco-dubaiote l’exigeait. Une faute imputable au parquet et au ministère de la justice, selon lui.

Ouvert en matinée, le procès a rapidement basculé dans un climat houleux et a déjà été suspendu quatre fois à la mi-journée, après de vifs échanges entre magistrats et le trio d’avocats. Le prévenu, chemise blanche ajustée et cheveux ras, a d’abord affirmé avoir été extrait de prison de « gré ou de force » par les agents pénitentiaires alors qu’il se plaignait d'« avoir mal à la tête depuis quatre jours », sans avoir pu voir un docteur.

Le prévenu a finalement été déclaré apte à être jugé, l’audience a pu reprendre avant d’être de nouveau suspendue. En cause : les avocats veulent vérifier la légalité de l’extraction « de force » du détenu depuis sa prison de Gradignan, dans la banlieue bordelaise. Ils s’interrogent : le bordereau de transmission a-t-il été émis par le parquet avant ou après le début de l’audience ? A 14 h, le procès n’avait toujours pas commencé sur le fond.

Moufide Bouchibi est entré dans le trafic de stupéfiants à grande échelle en s’associant au début des années 2000 avec un Alsacien, Sophiane Hambli, dit « la Chimère », lui aussi considéré comme l’un des plus gros trafiquants français.